Avis de museolive
Le scandaleux Georges Bataille ! Une mère qui pousse son fils dans l'orgie et la débauche, et dans le pur plaisir de l'auto-destruction ; aujourd'hui comme hier, un pur blasphème, un tabou ultime, l'adultère décrit de façon clinique et poussé à son point culminant... Il fallait être Bataille pour écrire cela : rien de plus normal, finalement, pour un homme qui a avoué en 1943 s'être masturbé nu devant le cadavre de sa mère, décédée en 1930, suite à une longue période de dépression. Le tout est écrit avec un style parfait, mais parce qu'il l'est, nous rend témoin et complice de l'inavouable, de l'impensé, de l'impensable... Et l'on comprend que Georges Bataille ait construit sa réputation, sans doute malgré lui, et un peu comme André Gide, sur le scandale : mais son oeuvre a pris petit à petit une dimension philosophique qui n'a été découverte que bien après sa mort, notamment dans les années 1970/1980, période durant laquelle Michel Foucault fait de lui l'un des plus grands écrivains de XXe siècle. Sentiment donc très mitigé : le livre est admirable, se lit d'un trait, et l'on en ressort mal-à-l'aise, désarçonné, comme souvent avec Bataille. Et le pire (est-ce malsain, docteur?), on en envie d'y retourner, non parce que l'on veut coucher avec sa propre mère, mais parce que l'on veut lire entre les lignes ce qu'est l'être humain réellement...





