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Ma mère

Parution
13/05/2004
Valeur d’échange
2 points

Résumé

Pierre raconte comment, après une enfance religieuse, il fut, à l'âge de dix-sept ans, initié à la perversion par sa mère. Plongeant grâce à elle dans l'orgie et la débauche, il découvre l'extase de la perdition où se mêlent l'angoisse, la honte, la jouissance, le dégoût et le respect. Respect pour cette femme, la mère, qui a su brûler ses vaisseaux jusqu'au dernier et qui, ayant touché le fond de l'abîme, entraîne son fils dans la mort qu'elle se donne. Ma mère est l'un des textes les plus violents, les plus scandaleusement beaux de Georges Bataille, qui disait de lui-même : " Je ne suis pas un philosophe, mais peut-être un saint, peut-être un fou ", sachant que c'est dans cette ambiguïté même que réside la seule philosophie.

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Critiques et avis

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Avis de museolive

Le scandaleux Georges Bataille ! Une mère qui pousse son fils dans l'orgie et la débauche, et dans le pur plaisir de l'auto-destruction ; aujourd'hui comme hier, un pur blasphème, un tabou ultime, l'adultère décrit de façon clinique et poussé à son point culminant... Il fallait être Bataille pour écrire cela : rien de plus normal, finalement, pour un homme qui a avoué en 1943 s'être masturbé nu devant le cadavre de sa mère, décédée en 1930, suite à une longue période de dépression. Le tout est écrit avec un style parfait, mais parce qu'il l'est, nous rend témoin et complice de l'inavouable, de l'impensé, de l'impensable... Et l'on comprend que Georges Bataille ait construit sa réputation, sans doute malgré lui, et un peu comme André Gide, sur le scandale : mais son oeuvre a pris petit à petit une dimension philosophique qui n'a été découverte que bien après sa mort, notamment dans les années 1970/1980, période durant laquelle Michel Foucault fait de lui l'un des plus grands écrivains de XXe siècle. Sentiment donc très mitigé : le livre est admirable, se lit d'un trait, et l'on en ressort mal-à-l'aise, désarçonné, comme souvent avec Bataille. Et le pire (est-ce malsain, docteur?), on en envie d'y retourner, non parce que l'on veut coucher avec sa propre mère, mais parce que l'on veut lire entre les lignes ce qu'est l'être humain réellement...