C'est l'un des chefs-d'œuvre de la littérature allemande de l'entre-deux-guerres, à l'image de Voyage au bout de la nuit. Le texte monumental de Louis Ferdinand Céline s'ouvrait sur la place de Clichy. Celui d'Alfred Döblin (publié en 1929, soit trois ans avant Voyage) s'articule autour de la place Alexander à Berlin, dans les années 1925-1930. À travers le parcours de Franz Biberkopf, sorti de prison après avoir été condamné pour le meurtre de sa maîtresse, Döblin brosse le portrait d'un certain Berlin, capitale des bas-fonds, où l'on survit grâce au crime, dans une cacophonie générale, un effrayant chaos même, où l'on est toujours rattrapé par son destin. Nourri de références bibliques et mythologiques, de collages d'extraits de journaux, d'intrusions de l'auteur, Berlin Alexanderplatz est une formidable symphonie littéraire, épique et réaliste à la fois, où la tragédie se mêle à la drôlerie populaire, le dérisoire à l'absurde. --Céline Darner
Un livre atypique, inclassable, étonnant, déroutant parfois. Je n'ai pas eu de coup de cœur pour cet ouvrage par trop différent de mes lectures habituelles. Néanmoins j'en reconnais l'indéniable qualité. La narration, au style unique, passant d'une scène classique à la description de la vie berlinoise de l'époque, description à tel point puissante que l'on sent presque les effluves, que l'on entend les bruits de cette ville, que ses habitants nous frôlent voire nous bousculent quelquefois. Une oeuvre inimitable à n'en point douter, un tantinet indigeste par moments à cause de son rythme qui cherche à coller au plus près de celui de la ville qu'elle décrit.