Voilà un road movie comme il en existe peu. Dans ses précédentes œuvres, telles Une rivière verte et silencieuse, puis La Dernière Neige, Hubert Mingarelli avait fait la part belle (et délicate) aux relations père et fils en des récits initiatiques. Dans La Beauté des loutres, il use des mêmes thèmes et les contourne, avec une pareille économie de moyens. Ce sont deux personnages, Horacio et Vito, le premier nettement plus âgé que le second, qui font route ensemble, transportant une douzaine de moutons dans un vieux camion. La route sera longue, blanche et verglacée, avant de franchir un col enneigé. Exactement le temps qu'il faut pour parler un peu (la présence du gosse, Vito, se justifie peut-être dans sa seule conversation), poser des questions, y répondre. Tout doucement. Une route ponctuée de rencontres, toutes singulières, émaillée de brefs souvenirs, qui reviennent au rythme chaotique de la route, jalonnée de rêves, comme celui de croiser une loutre... Hubert Mingarelli a posé depuis quelque temps sa voix particulière dans la littérature contemporaine, au bout d'une délicatesse rare, d'une simplicité et d'une justesse extrêmes dans les rapports humains. Il confirme. --Céline Darner
Un livre pour ceux qui aime la belle écriture. Moi qui n'aime pas l'écriture bâclée, là j'ai un livre écrit semble t il avec simplicité et pourtant c'est limpide comme de l'eau de roche. Moi qui n'aime pas les dialogues, je ne l'aurai jamais emprunté à la bibliothèque si j'avais lu dans un livre, un passage qui en parlait élogieusement, et franchement c'est une écriture superbe. Une lecture à l'opposé de la mode actuelle pour les thrillers et les gros livres de fantasy... Une histoire simple, à savourer comme un verre de bon vin, c'est pas indispensable à notre vie, c'est pas un livre à parler en société, mais à savourer... pour les gastronomes de la littérature, un roman bien écrit...