La pièce montée arrive, sur un plateau immense porté par deux serveurs. Vincent voit osciller au rythme de leur marche cette tour de Babel en choux à la crème, surmontée du traditionnel couple de mariés. Il se dit : C'est moi, ce petit bonhomme, tout en haut. C'est moi. Il se demande qui a pu inventer un gâteau aussi ridicule. Cette pyramide grotesque ponctuée de petits grains de sucre argentés, de feuilles de pain azyme vert pistache et de roses en pâte d'amandes, cette monstruosité pâtissière sur son socle de nougatine. Et ce couple de mariés perché au sommet, qu'est-ce qu'il symbolise, au juste ?
Quel dommage ! L'idée de départ était tellement bonne : raconter la même scène (un mariage) à travers la vision de chacun des invités et des mariés. Surtout que longtemps, on ne s'ennuie pas du tout. On découvre la vie, les secrets, les doutes et la psychologie de chaque protagoniste, les événements se croisent et sont perçus différemment par les personnes qui les vivent. Mais la fin est décevante et nous laisse sur notre faim...