Il s'en passe de belles au presbytère d'Appleseed, une demeure campagnarde qui abrite le temps d'un week-end les ébats d'une dizaine de personnes bien décidées à jouer à fond le dérèglement de tous les sens. L'échantillon est plutôt pittoresque : de Quentin l'aristocrate à Roxeanne la vamp américaine, de Giles le riche hypocondriaque obsédé par la peur de perdre ses dents à Keith le nain obèse qui goûte le premier toutes sortes de substances hallucinogènes. La drogue n'est pas simplement le piment des fantaisies sexuelles, elle est utilisée selon les théories d'un des protagonistes, Marvell, pour exécuter un programme bien précis : "Pourquoi ne pas faire avec son cerveau ce qu'on fait avec son corps ? Foutons en l'air tous ces bébés morts, toutes ces poupées crevées sur l'amour, la compréhension, la compassion. Servons-nous de la drogue pour essayer de …, d'apporter un certain confort à la conscience." Mais chacun porte en lui, bien ancrées, des peurs dont aucun produit ne peut venir à bout et l'utopie évidemment tourne court. Les cent vingt journées de Sodome virent à la pantomime burlesque avant de finir en jeu de massacre. Rien de réaliste bien sûr dans cette fable et Martin Amis se plaît à prendre le lecteur à témoin de cette satire de la libération sexuelle et à souligner les ficelles au bout desquelles il fait danser ses pantins avec une jubilation évidente. --Yves Bellec
Un très bon ouvrage écrit par un auteur qui fait partie de la littérature d'anticipation sociale comme Coupland et Houellebecq. Il décrit avec brio la société et ses travers sans ménagement. Ici c'est assez trash, sexe et drogues sont de la partie, mais second degré aussi.
Bon.