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Le Naufragé

Parution
11/02/1993
Valeur d’échange
2 points

Résumé

Glenn Gould, Wertheimer et le narrateur se sont rencontrés, il y a vingt ans, au Mozarteum de Salzbourg, pour y suivre les cours d'Horowitz. D'emblée, Gould s'est imposé comme musicien génial, tandis que ses deux comparses, écrasés par la personnalité du pianiste, ont perdu toute illusion d'une carrière de virtuose. Le narrateur a lâchement abandonné son Steinway pour la rédaction toujours recommencée d'un essai sur Gould. Wertheimer a choisi de sombrer, doucement, définitivement, jusqu'au suicide, par pendaison, dans la maison de sa soeur. C'est ce destin terrifiant, grotesque et absurde, que retrace le narrateur peu après le suicide, en même temps qu'il dessine le portrait complexe de Gould, à travers un long monologue. Un "je" intérieur qui n'est jamais qu'un survivant, un suicidé en sursis, devancé par son ami. Réflexion sur la réalisation inéluctable d'une pensée suicidaire, "un suicide mûrement réfléchi", Le Naufragé est un parcours sans échappatoire de la dégradation, de l'autodestruction, au rythme des Variations Goldberg et de L'Art de la fugue. C'est aussi l'occasion, pour Thomas Bernhard, toujours furieux et drôle, de déclamer le caractère dérisoire de ce triomphe de survivre, simple degré de plus dans le malheur. --Céline Darner

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Critiques et avis

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Avis de poussaint

Difficile de donner un avis car je ne me sens pas du tout apte à porter un jugement sur une telle œuvre. Si j'avais eu le choix, j'aurais préféré "indécis". Le "moyen" que je propose n'est donc que le reflet du sentiment que j'ai eu à lire les 80 premières pages sur les 180 que comte de livre. Et pourtant, j'étais bien parti et plutôt bien ferré par cette histoire vraie de 3 amis dont Glenn Gould qui, pour le malheur de ses deux frères de piano, va totalement les éclipser, conduisant inexorablement l'un d'entre eux au suicide. C'est ce suicide qui est raconté par le troisième dans un long monologue qui nous plonge dans le malheur et la petitesse de la vie. En ce sens, 80 pages m'ont suffi car cette longue descente dans les abysses est angoissante. Le style est caractéristique, collant à ce long soliloque qui répète en boucle comme un vieux disque rayé le même refrain désespérant, en creusant le même sillon et avançant pas à pas, inéluctablement vers la fin de toutes les illusions. Il faut donc pour lire ce livre beaucoup de forces pour ne pas en ressortir éreinté.