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Moll Flanders

Parution
13/06/1979
Valeur d’échange
3 points

Résumé

"La solitude de la voleuse dans les bas-fonds londoniens". Ce roman publié en 1722 est, selon le dictionnaire Laffont-Bompiani, la plus volumineuse et la plus attrayante des oeuvres de Defoe. L'héroïne est une aventurière et une catin, mariée cinq fois, habituée des prisons et finalement déportée en Virginie où elle devient riche et honnête. Dans la préface (remarquable), p. 7-23, D. Fernandez signale que l'auteur a réussi comme personne "le portrait d'une existence réduite à son état économique" et qu'il est sans doute le premier écrivain féministe.

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Critiques et avis

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Avis de Nibelheim

Un roman intéressant de ce début du XVIIIe siècle, où Daniel Defoe nous dépeint la triste condition d'une femme livrée à elle-même et tentant d'échapper à la pauvreté. En effet, la narratrice le souligne à maintes reprises dans ce roman, c'est la pauvreté et la peur d'avoir faim qui la pousse dans les pièges du vice, pièges dont elle ne parvient plus à se dépêtrer ensuite, une fois sortie de l'indigence. Defoe écrit ce roman alors qu'il est déjà vieux et plein d'expérience : sa carrière d'écrivain commence tardivement, et on peut penser qu'il a amplement profité des multiples anecdotes qui ont sillonné sa vie de journaliste, pamphlétaire et homme politique. Il en résulte une œuvre mûre, réaliste et dont la composition semble bien pensée. Le personnage, en effet, sombre de plus en plus dans les affres du vice et perpétue de multiples vols. Tout d'abord étouffée par le remords, elle finit par s'endurcir et dépouille les passants sans état d'âme, avec calcul. On sent par ailleurs une certaine hypocrisie de sa part : elle répète commettre des crimes sur l'instant, poussé par le diable, sans y réfléchir alors que ses gestes laissent entendre qu'une fois l'occasion saisie, elle est capable de calculer froidement son coût pour ne pas se faire prendre. Personnage riche et intéressant dont celui de cette Moll Flanders a la vie si agitée et si pleine d'aventures...
L'écriture est agréable et la lecture se fait sans peine, la traduction rendant assez bien la langue du XVIIIe siècle. On pourrait cependant déplorer la lourdeur de certaines phrases, longues et pleines de relatives. Enfin, cela correspond bien à l'époque. Pour conclure, un roman intéressant, montrant un destin de femme marginale face à une société figée et inégalitaire, laissant les nécessiteux dans le besoin.