Livre saboté, plusieurs fois brûlé par son auteur (qui voulait lui donner une issue "morale") et resté largement inachevé à la mort de Gogol en 1852, Les Âmes mortes révèlent, outre le génie littéraire de leur créateur, le combat acharné d'un homme vers un but et contre des forces qui le dépassent. Vaste méditation sur la mort, cette épopée comique aux relents de cauchemar, construite dans le plus pur style de l'épopée picaresque à la Don Quichotte, nous entraîne avec une virulence de ton parfois diabolique dans un monde où les morts se monnayent et se négocient, quand les vivants eux prennent l'allure de grotesques fantômes. Univers fantasmagorique où le mensonge, le délire et la logique du rêve se télescopent. Dickens et son Pickwick (à peu près contemporain, Gogol esquissant son livre dès 1837) ne sont pas loin. Mais Dante non plus, un Dante qui ne nous aurait laissé que son Enfer, et dont le Purgatoire, comme le Paradis, auraient été livrés aux flammes, dans une frénésie autodestructrice à laquelle Kafka - le véritable héritier de Gogol - faillit lui-même bien plus tard succomber. --Scarbo
J'ai été superbement surprise par ce roman. J'en avais beaucoup entendu parler durant mes études secondaires, je l'ai même étudié mais je n'avais jamais lu aucun Gogol. Et si parfois le style russe déconcerte un peu, c'est au final un excellent livre qui se laisse d'ailleurs lire très facilement et rapidement. Les chapitres défilent et malgré les 20 pages, on a l'impression qu'on vient de l'entamer. C'est une très belle expérience littéraire que de lire du Gogol. Je le recommande à tous, même à ceux qui, au premier abord, ne sont ni intéressés par l'histoire, ni par Gogol, ni par la littérature russe. Vraiment, il vaut largement la peine d'être lu.
Bonne lecture !