Avis de poussaint
Roman d'amour écrit par un homme sous une forme autobiographique, c'est aussi l'aventure contée d'une liaison malheureuse et vouée dès le début à l'échec à cause de la différence d'âge et des préjugés de l'époque. Il narre la passion d'un jeune homme pour une femme mariée, plus âgée que lui et qui finira par tout quitter pour se livrer totalement à cet homme qui n'a eu de cesse de la séduire mais qui découvre trop tard qu'il ne l'aime plus assez. Cependant par honneur, il ne voudra pas l'avouer. Roman introspectif à la manière d'un Rousseau dont Benjamin Constant s'est évidemment inspiré pour nous livrer les tourments de son âme même si le récit ne se fait pas à la première personne mais par le biais d'un narrateur, dépositaire de cet histoire d'amour qu'il raconte. On est donc en plein romantisme jusqu'à la fin que l'on taira pour ne pas la dévoiler. Le style est limpide, digne de ce dix-neuvième siècle tout en restant simple et dépouillé. On suit sans trop d'ennuis les aventures du héros mais en se posant tout de même une question. Ce livre tait plus qu'il ne révèle; c'est celui du monde des aristocrates et des riches tout emmêlés de leurs histoires de cœur, à une époque où tout vibre, rempli du bruit des révolutions. Pour quelqu'un dont on connaît les idées libérales, on est un peu déçu de sentir dans ce roman un racisme de classe : les gens pauvres n'existent tout simplement pas et quand ils sont présents, ils sont juste là pour apporter de l'argent et servir la noblesse et la bourgeoisie. C'est encore plus vrai avec "le cahier rouge", qui suit "Adolphe" et qui raconte les souvenirs de jeunesse de l'auteur, celle d'un jeune écervelé dilapidant la fortune de son père, vadrouillant de ci delà, joueur invétéré, moqueur, faux Don Juan. Comme on dit, "il faut que jeunesse se passe"...





