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Le Premier Homme

Parution
12/02/2000
Valeur d’échange
2 points

Résumé

Alger. Une charrette cahotée dans la nuit transporte une femme sur le point d'accoucher. Plus tard, naît le petit Jacques, celui-là même que l'on retrouve dès le second chapitre, à 40 ans. Devant la tombe de son père, visitée pour la première fois, il prend soudain conscience de l'existence de cet inconnu. Dans le bateau qui l'emporte vers sa mère à Alger, commence la brutale remontée dans cette enfance dont il n'a jamais guéri. Les souvenirs de l'école, de la rue et de la famille jaillissent, faits de soleil et d'ombre. Mais à l'ombre et à la misère, il découvre qu'il a répondu, toujours, par une "ardeur affamée", une "folie de vivre" indéfectibles malgré ce père qui lui a manqué. Le Premier homme est le roman auquel travaillait Camus au moment de mourir. Les nombreuses notes en bas de page, hésitations ou rajouts de l'écrivain retrouvés dans son manuscrit sont un émouvant témoignage de l'oeuvre en cours. Une oeuvre ambitieuse, aux accents autobiographiques évidents, dans laquelle Camus a cherché à dire ses "raisons de vivre, de vieillir et de mourir sans révolte". Laure Anciel

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Critiques et avis

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Avis de poussaint

J'ai beaucoup aimé la lecture du premier homme.
1) Sans être explicitement autobiographique, il s'agit bien en fait du récit du début de vie du jeune Camus. Autant de pistes donc qui permettent de mieux comprendre l'homme d'engagement qu'il sera plus tard.
2) Les questions qu'ils posent dans ce livre sont autant universelles que personnelles : la place de l'amour maternelle, pour son cas la recherche d'un père qu'il n'a jamais connu, la valeur et la force des sentiments.
3) La galerie de personnages est impressionnante entre une mère aimante mais incapable de l'exprimer ni même de s'exprimer, la grand-mère autoritaire et digne, l'oncle canaille et aimant faire rire. Chaque portrait est admirablement brossé par petites touches et on sent une véritable tendresse de Camus pour les siens jusqu'à l'instituteur qui a cru en lui et qui fait tout pour qu'il aille au lycée.
4) C'est écrit dans un style admirable et Camus excelle à rendre les gestes de ces personnages, de ces gestes qui nous trahissent, qui en disent long sur notre personnalité plus que les longs discours. On s'émerveille puisque ce livre a été écrit à la fin de la vie de Camus devant la richesse des détails.
5) C'est aussi une peinture de la société algérienne du temps où elle était française et on sent comme de terribles échos se rapprocher, annonciateurs de la guerre d'indépendance. Le pauvre héros et gamin de l'histoire n'y comprend d'ailleurs pas grand-chose , lui qui est élevé dans les quartiers pauvres et en côtoyant les arabes.
Bref un livre superbe qui fait chaud au cœur avec cette question lancinante que se pose Camus : comment, lui, gamin né dans une famille aussi pauvre que ce soit par l'argent ou par la culture, a pu s'élever ? Il en ressent à la fois un sentiment de fierté et de traîtrise.