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LivreActuellement indisponible

Le nain jaune

Parution
26/08/1999
Valeur d’échange
2 points

Résumé

Je viens de lire Le Nain Jaune de bout en bout pour la première fois : depuis la mort de mon père, je n'y parvenais pas. Ce livre, ce miraculeux Nain Jaune, je me le gardais comme une bonne bouteille que l'on met à vieillir au frais pour la boire en une grande occasion, histoire de fêter des retrouvailles. Je ressors groggy. Je tremble, comme si sa soif de père me torturait à mon tour. Pourquoi faut-il que nous ne réussissions à nous parler d'amour que par-delà les tombes ? Il y a sans doute de la pudeur dans tout cela ; j'y vois surtout une immense infirmité. Mais les grands livres ne sont-ils pas toujours des jambes de bois ?

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Critiques et avis

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Avis de poussaint

Très bon livre. Ça a été un véritable plaisir que de le lire et je n'ai pu m'empêcher de prendre un stylo et de noter sur un cahier quelques phrases pleines de lumières.
Il s'agit d'abord d'un roman à la louange d'un père omniprésent, boulimique de la vie, clown à chaque heure et ayant le pouvoir de bousculer et de faire basculer la vie. ON y est dans la démesure, l'ivresse, persuadé qu'au delà des mots et des gestes se trouve un idéal de la femme, de l'art, ... de l'homme.
C'est aussi un livre d'histoire : on y croise des grands noms de la Seconde guerre mondiale et de l'après- guerre : Laval, Pétain mais aussi des artistes comme Giraudoux, des philosophes,... personnages influents ou connus côtoyés par ce nain jaune, père carnassier au passé qui ne passe donc pas. Cela m'a d'ailleurs donné envie de lire le livre récent d'Alexandre Jardin, qui sur cette cette histoire a décidé lui aussi d'écrire et de s'attaquer au mythe du nain jaune et d'y démêler l'inévitable part d'ombre et de lumière.
C'est un livre qui permet au narrateur de mettre en lumière ses sentiments sur ce père dévoreur d'enfant, régentant tout, père haï et adulé à la fois. Il me semble qu'à travers ses souvenirs, il peut enfin, après la mort de son père, le mettre à distance, le coucher sur le papier pour ensuite plus facilement tourner la page.
Enfin c'est un plaisir que de débusquer dans le style de Pascal Jardin des oppositions de mots, des raccourcis, des explosions qu'on peut retrouver aujourd'hui dans les livres de son fils Alexandre. Quel héritage donc !
Voici autant de raisons, bonnes il me semble, d'aller visiter ce livre.