Il y a les bouches noires des fusils qui jettent des regards de mort au colonel Aurelanio Buendia et il y a la mémoire du militaire qui, devant sa fin proche, s'élance comme un disque solaire... Il revoit son village, le Macondo, perdu dans des territoires oubliés de l'Amérique du Sud, l'histoire fabuleuse de sa famille traversant, comme une dynastie royale, les trois âges de la vie : naissance, vie et décadence..
Au travers de l'histoire de ce village et de ses créateurs, Gabriel Garcia Marquez nous conte, avec cette magie des mots qui donne à son livre un reflet d'éternité, les peines, les joies, les espoirs et les craintes d'une famille qui tente par tous les moyens de conjurer la malédiction qui pèse sur les siens : cent ans de solitude.
Avec ce roman majeur, véritable pièce maîtresse d'une littérature qui s'affirme, Gabriel Garcia Marquez pose les jalons qui soutiendront dans son développement le roman hispano-américain. Pour cette raison et pour le bonheur de lecture que procure Cent ans de solitude, plaisir jubilatoire du lecteur aux prises avec le génie, l'oeuvre de l'écrivain colombien est monumentale.
Ce livre ne peut pas se raconter. Il est trop long, beaucoup trop complexe et unique en son genre. Moi qui suit fan de la littérature hispanique et latino américaine, et par dessus de cet auteur, je pense que c'est son meilleur livre. Il décrit de façon historique, sociale et politique la vie d'un village d'amérique du sud, assez isolé, pendant plusieurs générations. Se suivent des révolutions, histoires personnelles ... à la façon de Marquez, incomparable. On s'y croit vraiment, les couleurs, les bruits, les odeurs, .. on fait un bond dans le temps et on traverse la jungle et les océans pour vivre cette épopée incroyable. Non seulement on y apprend des choses (au delà de la fiction, l'auteur s'est inspiré de faits historiques) et on est totalement dépaysé. Il faut cependant aimer le ton de Marquez et son goût pour les mots vrais, parfois crus pour décrire les choses.