Bleu presque transparent relate, en une succession de courts chapitres, quelques journées dans la vie d'un groupe d'adolescents. Journées ou plutôt nuits vides d'espoir d'une " génération perdue " et désillusionnée qui s'abîme dans la destruction. Sexe, drogue, musique, violence... le tableau serait d'une banale désespérance s'il n'y avait ce mélange de distance quasi clinique et d'infinie générosité dans le regard porté sur les personnages. Dans Tôkyô oppressante et triste, Ryû, Kei, Okinawa payent, dans leur corps qu'ils ruinent avec constance, l'absence d'âme d'une société. Et leur déchéance possède la couleur du bleu presque transparent de la pureté.
J'ai lu ce livre car il apparaissait sur une liste des 100 meilleurs livres de tous les temps. Je ne le placerai sans doute pas dans ma liste. Si je reconnais volontiers la qualité de l'écriture et le côté clinique de la description des personnages et de leur débauche, ce n'est pas ce que je cherche dans la lecture. Ici pas d'évasion mais de la réalité crue, disséquée, analysée au microscope. Amateur d'imaginaire ou de trépidations passez votre chemin !