Le 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand a tué sa femme, ses enfants, ses parents , puis tenté, mais en vain, de se tuer lui-même. L'enquête a révélé qu'il n'était pas médecin comme il le prétendait depuis dix-huit ans et , chose plus difficle encore à croire, qu'il n'était rien d'autre. Près d'être découvert, il a préféré supprimer ceux dont il ne pouvait supporter le regard.
Si ce scénario ne se veut ni une explication, ni un nouveau jugement sur " l'affaire ", il a pourtant été rédigé dans une fidélité, fidélité à une trajectoire, celle d'un homme pris dans les mailles de son mensonge, victime et bourreau de cette impunité du faux…
Etrange idée de sortir ce film quelques mois seulement après "L'emploi du temps" qui traitait exactement du même thème, c'est-à-dire l'affaire Romand. Ceux qui ont déjà vu le film de Laurent Cantet vont donc trouver que Nicole Garcia ne peut éviter le sentiment de déjà-vu de certaines scènes et situations.
Plus fidèle au fait divers, "L'adversaire" est également beaucoup plus glauque et sombre. Daniel Auteuil, comme d'habitude, joue impeccablement.
Pas mal, mais un peu long, "L'adversaire" souffre donc du manque d'originalité inhérent à un sujet déjà traité par le cinéma.
Nicole Garcia réalise en 2002 une solide adaptation d'un terrible fait divers unique en son genre, qu'est l'affaire Romand. Daniel Auteuil campe le rôle d'un homme constamment affairé, médecin à l'OMS à Genève.
Seulement, voilà, l'homme s'est construit une double vie : en aucun cas il est devenu un médecin réputé et à force de mensonges envers sa famille et ses proches, cela va le conduire vers la route du crime.
La réalisatrice choisit de conserver le caractère énigmatique à ce drame sans faire apparaître clairement le vrai visage de Romand. Plutôt de montrer la démence, la maladie ou la monstruosité, elle préfère démontrer quels sont les engrenages d'une manipulation qui est devenue au fil du temps un noeud totalement inextricable.
On est abasourdi de voir de quelle manière l'homme va assassiner ses enfants (pour son jeune fils, il va lui mettre le DVD de Shrek et l'abattre ensuite). On ne ressort pas indemne de ce film et l'on en arrive à se demander si l'on connaît réellement bien tous les visages de notre proche entourage après la vision de ce film.
On s'ennuie ferme dans ce film. La psychologie du personnage est succinte, certaines scènes sont ridicules (quand Auteuil agresse E.Devos). On peut ne pas voir ce film.