Avis de sanchar31
Tout n’est que médiocrité et désillusion dans cette nouvelle, sauf le style, la qualité d’écriture et la finesse psychologique d’Elizabeth Taylor. Une phrase, une réplique, une insinuation, une scène anodine… et tout est dit. On prend le thé, on boit un xérès, on renverse par inadvertance sa tasse ou son verre sur la nappe, on danse, on fait figuration, on bavarde négligemment, on prépare un gâteau de mariage… et le lecteur ressent plus qu’il ne pense l’atmosphère, les caractères, les relations bien mieux qu’avec un longue analyse sur les sentiments des uns et des autres. Le non dit et le suggéré nous tient en alerte et nous fait tourner les pages. Tout se passe dans les profondeurs du « moi » : Incommunicabilité et solitude, médiocrité de la vie qu’on rêvait autre, petitesse humaine, rancœurs accumulées, manque de confiance en soi… La vie ne ressemble pas aux romans à l’eau de rose. Il serait facile de comparer Elizabeth Taylor à Flaubert, Elizabeth Bowen ou Katherine Mansfield. Subjectivement, elle évoque davantage John Steinbeck pour moi : c’est un bonheur de la lire…mais quelle vision déprimante de la vie !




