Avis de poussaint
Roman surtout autobiographique, c'est l'histoire d'une quête, celle d'une jeune Française dont les racines par son père et au delà son grand-père remonte à l'Algérie. En toile de fond, c'est plus précisément le passé des harkis qui est ici dévoilé. Le livre se découpe en trois parties : l'histoire d'abord du grand-père qui par souci de protéger les siens va coopérer avec l'armée française; il y gagnera sa survie et celle de sa famille mais aussi l'image d'un traître à qui tout retour sur le sol natal est interdit. L'histoire se prolonge avec celle de son fils d'abord dans des camps de transit puis dans les barres d'HLM avec pour seul objectif de se sortir de cet horizon limité par le travail à l'école, le refus de la religion et finalement la rupture avec les siens. Enfin l'histoire de sa fille, jeune femme libérée mais dont le passé familial revient la happer avec comme épreuve mais aussi un accomplissement le retour sur la terre où sont nés ces ancêtres. A chaque histoire, les contours se font plus nets, les fait plus précis comme sortis d'une histoire familiale tronquée, incomplète. L'auteur possède un style fait d'audace et d'apaisement. Elle sait rendre compte et nous fait partager les errements, les sentiments de ses héros. Elle sait aussi intégrer cette histoire familiale à la Histoire, celle qui broie les hommes ou les révèle. Elle sait aussi nous questionner sur des sujets comme l'identité, le racisme, la religion.
Le titre que je trouve très beau, me reste pour l'instant hors de portée. S'agit-il d'apprendre à lâcher prise, accepter de ne pas tout comprendre, de ne pas tout vouloir pour mieux s'accepter soi-même ? Est-ce un sens plus collectif avec ces harkis qui ont tout d'abord tout perdus mais qui si on regarde l'Histoire et que l'on voit la situation politique, économique, sociale de l'Algérie, ont peut être fait le bon choix de venir en France. Est-ce un sens plus écologique où l'art de perdre devient l'exact contraire de l'art de gagner qui nous fait écraser nos semblables, vouloir toujours plus alors qu'il faudrait, il est encore temps, apprendre à se débarrasser du superflu, de l'accessoire pour revenir à l'essentiel. Les 3 héros semblent tout droits créer cette permanence qui se succède de génération en génération, un savoir qui fait privilégier les rapports humains aux rapports aux objets.
Le titre que je trouve très beau, me reste pour l'instant hors de portée. S'agit-il d'apprendre à lâcher prise, accepter de ne pas tout comprendre, de ne pas tout vouloir pour mieux s'accepter soi-même ? Est-ce un sens plus collectif avec ces harkis qui ont tout d'abord tout perdus mais qui si on regarde l'Histoire et que l'on voit la situation politique, économique, sociale de l'Algérie, ont peut être fait le bon choix de venir en France. Est-ce un sens plus écologique où l'art de perdre devient l'exact contraire de l'art de gagner qui nous fait écraser nos semblables, vouloir toujours plus alors qu'il faudrait, il est encore temps, apprendre à se débarrasser du superflu, de l'accessoire pour revenir à l'essentiel. Les 3 héros semblent tout droits créer cette permanence qui se succède de génération en génération, un savoir qui fait privilégier les rapports humains aux rapports aux objets.

