Avis de Nibelheim
Il y a quelque chose de léger et de funambulesque dans ce recueil. Jules Laforgue y joue avec des figures mythiques de la culture occidentale (Hamlet, Salomé, Pan, Andromède...) et c'est pour, à chaque fois, les écrire et les recréer avec fantaisie et humour. L'ironie, omniprésente dans le recueil, permet à l'auteur de se moquer de la mode décadente, de la solennité des mythes, mais aussi de lui-même, car il prête ses propres discours à ses personnages. Personnages ridicules s'il en est, avec leurs grandes aspirations, leur recherche de l'amour et leur radicale impuissance. Ainsi, Salomé meurt pour n'avoir pas voulu "vivre à la bonne franquette comme nous autres". On ne peut pas dire que sa mort soit traitée de façon particulièrement glorieuse ou tragique... De même, quand Hamlet meurt, la fille (personnage créé par Laforgue) qui s'apprêtait à fuir avec doit bien revenir à son ancien amant qui la bat. Anachronismes, ridicules, décalages de tons, l'auteur manie l'écriture avec brio pour nous dresser des portraits entre grotesque et tragique, entre figures d'Auguste et figures de clown blanc. Et par là, il nous invite une nouvelle fois dans un univers propre à lui, où les divinités féminines se rattachent toutes à la Lune et où on peut voir des clowns jusque dans la fable de "Salomé".
À découvrir !
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