Être franc dès le début : ce n'est pas le meilleur mais sur le nombre déjà important de livres écrits, cela n'a rien d'étonnant et ce n'est que dans notre société un peu folle qu'on demande à un écrivain à chaque nouvelle rentrée d'écrire un livre meilleur. En lisant donc ce livre, je me suis dit que, non, ça n'allait pas le faire, que le dialogue (forme souvent reprise par A. Nothomb)amenait encore une situation déjà vécue, que les prénoms abracadabrants, on connaissait déjà. Bref, c'était mal parti. Et puis... Et puis le charme de nouveau agit, comme un camarade qu'on retrouve et qu'on reconnaît, dont on connaît les habitudes. Les phrases crépitent comme des bulles de champagne (qui semble consommé d'ailleurs sans modération), les couleurs sont là notamment un jaune asymptotique. Dire que le mythe de Barbe bleue est revisité est une litote : il est en fait totalement remanié. Reste cette chambre noire bien mystérieuse dont il est fait mention dès les première page. Ce livre se lit donc vite et bien et on en ressort encore une fois impressionné par ce talent. Restent néanmoins l'idée, l'envie que l'auteur, un jour, se lance un nouveau défi et nous propose un nouveau roman. Histoire à suivre donc ...
Je viens de le terminer. Ce énième dialogue de Nothomb est brillant, comme toujours, et ne mérite pas l'éreintement médiatique peu éclairé - et d'ailleurs très misogyne - dont l'écrivain est si souvent victime !! C'est, il est vrai, un peu trop ésotérique : jeux de mots et d'idées, allusions culturelles multipliées, surtout dans la deuxième partie du roman. C'est très crypté tout ça et ça manque de naturel pour une conversation quotidienne entre colocataires ! Assez déplaisant aussi, le fait de retrouver le préchi précha pro-belges et le thème archi attendu de l'assassinat inversé. N'empêche qu'elle nous emmène sans problème à la fin, car ce qui accroche, c'est qu'on se demande le rapport avec le conte de Barbe bleue. Et évidemment, nous aussi, telles les concubines de Barbe bleue, nous voulons savoir ce que c'est que cette mystérieuse chambre noire. Métaphore de l'écriture romanesque ?
Barbe-bleue est le vingt-et-unième roman d'Amélie Nothomb et parait en 2012.
Don Elemirio Nibal y Milcar est un aristocrate espagnol qui vit seul. Régulièrement, il passe des petites annonces pour trouver des colocataires exclusivement féminines. Huit femmes ont déjà partagé l'appartement immense et superbe où réside Elemirio et de lourds soupçons pèsent sur lui : il aurait supprimer ces huit femmes et les aurait enfermer quelque part. Saturnine, jeune enseignante de l'école du Louvre répond à l'annonce et est immédiatement choisie par Elemirio. Celui-ci tombe sous le charme de la jeune fille qui ne se laisse pas impressionner par l'espagnol. Elle se met à le détester cordialement et préfère jouir de l'endroit qu'elle occupe, une magnifique chambre pour seulement 500 €, que de faire comme les colocataires précédentes, aller visiter la chambre noire qu'Elemirio à interdite d'accès. Une étrange relation nait entre Elemirio et Saturnine...
170 pages déroutantes comme toujours avec Amélie Nothomb. Les dialogues sont savoureux et la belle langue utilisée est un ravissement pour le lecteur.
Du très bon Nothomb.