" DORINE : Madame eut avant-hier la fièvre jusqu'au soir, Avec un mal de tête étrange à concevoir. ORGON : Et Tartuffe ? DORINE : Tartuffe ? II se porte à merveille, Gros et gras, le teint frais et la bouche vermeille. ORGON : Le pauvre homme ! " Un " pauvre homme " Monsieur Tartuffe ? Rien n'est moins sûr... Faux dévot et véritable comédien, il prêche à tout va, s'agite, sermonne et manigance, les mains jointes et les yeux tournés vers le Ciel. Orgon, son hôte, lui voue une admiration béate. Au grand désespoir des membres de sa famille, il décide de lui léguer tous ses biens, jusqu'à la main de sa fille, Mariane... Dans cette comédie enlevée et souvent cocasse, Molière s'attache à " corriger les hommes en les divertissant ". Si le propos demeure ambitieux, la pertinence et la drôlerie du texte sont toujours d'actualité
Incontournable Molière, vaut-il encore la peine d’en dire un mot ou deux ? La critique des dévots qu’il livre est succulente à lire, voir et entendre. Il est également question de deux thèmes chers à Molière, le mariage forcé et les bourgeois. Décidément, bien des années plus tard, ses leçons perdurent.