Avis de Nevrotica
Avec ce livre-ci Coelho change complètement de registre et de style d’écriture. Son ton philosophique et religieux de livres tels que L’alchimiste ou le pèlerin de Compostelle m’a charmée et m’a donné envie de collecter les romans de Paulo. Son savoir semble si mystique, que l’on a le sentiment de découvrir un secret du Monde lorsque, après un long chemin d’apprentissage, nous refermons le livre. Avec la Solitude du Vainqueur, le ton est davantage romanesque bien qu’il tente, à plusieurs reprises, de livrer les messages qui lui sont chers. Il critique la société occidentale (mondiale ? Sans doute, car ses personnages sont issus de pays et classes différents), son univers du Bling Bling, du m’as-tu vu, d’Hollywood. Il dénonce le comportement hallucinant de ces gens et souligne le fait qu’aucun n’est heureux. Le Russe multimilliardaire en veut toujours plus sans pouvoir s’arrêter jusqu’au jour où il perd sa femme et commet des meurtres à répétitions. Le jeune bédouin quitte son désert natal pour les paillettes de la mode et connaîtra lui aussi la fin tragique des grands hommes à succès. Il en va de même pour tous les personnages principaux ayant fait succès (les Russes, l’Arabe, les Américains, l’acteur vedette …). Tous perdront la vie à la fin du roman, seuls restent ceux qui ont refusés le succès (Jasmine) ou ne l’ont jamais atteint (Gabriela, qui ne tournera jamais dans la fameuse énorme production hollywoodienne et l’inspecteur de police qui ne résolvera jamais l’affaire du siècle). Notons également que le Russe meurtrier est également vivant à la fin du roman, car même s’il a atteint le succès il n’en reste pas moins un personnage désespéré et désillusionné. Excellent livre en somme, à offrir !
