Introduit dans le cercle privilégié d'une université du Vermont,un jeune boursier californien s'intègre peu à peu dans un petit groupe d'étudiants de la grande bourgeoisie. Il découvre un monde insoupçonné de luxe, d'arrogance intellectuelle et de sophistication, en même temps que l'alcool, la drogue et d'étranges pratiques sataniques. Très vite, il pressent qu'on lui cache quelque chose de terrible et d'inavouable, un meurtre sauvage et gratuit qui l'entraîne, lui et ses camarades, dans un abîme de chantage, de trahison et de cruauté.
Le monde de Donna Tartt est pragmatique, froidement réel. D'une plume précieuse et nette, chirurgicale, elle part à la recherche de notre part de perversité et creuse en profondeur. L'écrivain américain livre dans ce premier roman une intrigue pas vraiment surprenante, aux rebondissements longués qui laisse cependant entrevoir qu'elle a beaucoup de talent. Une intrigue pas très originale, mais un style qui dérange... la psychologie des personnages tient une place prépondérante dans ce roman. De grandes descriptions d'états d'âmes, de sentiments, d'errance, de ressentis, il y a du Proust dans la longueur, dans la capacité de décrire, d'analyser. Une oeuvre à lire pour ceux qui n'ont pas peur de la lenteur.... bilan mitigé pour moi ...
Pavé de 700 pages, noir, glauque, inquiétant, dans un décor et une micro-société très américains : huis-clos sur un campus du Vermont entre 6 étudiants en langues anciennes dont on sait dès le départ que l'un d'entre eux est mort. Hormis l'aspect du meurtre et l'ambiance lugubre, le lien particulier entre les personnages m'a fait penser au film "le cercle des poètes disparus". Donna Tartt met en scène des étudiants de la bourgeoisie décadente, vus par l'un d'entre eux, Californien boursier, qui est au départ un peu à part du groupe formé par les autres et qui s'y voit intégré presque malgré lui. C'est ce personnage qui raconte l'histoire et le suspense, l'atmosphère tendue et sordide sont maintenus avec brio de la première à la dernière page. Quelques lenteurs sans doute, mais l'écriture est plaisante (et bien traduite !) et on se plaît à se plonger dans ce monde très fermé où les rituels sataniques et les trahisons côtoient la morgue culturelle et le goût du luxe.
Pas facile de mettre une note sans paraître injuste... Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé, mais j'ai vraiment eu beaucoup de mal à rentrer dans l'histoire... C'est long, c'est lent, beaucoup de descriptions de lieux ou d'intérieurs de maison, beaucoup d'états d'âmes, d'introspection...
Mais c'est bien écrit, alors je me suis accrochée (pas toujours facile sur un bouquin de 700 pages qui ne vous inspire pas !!) et au final, je suis contente de l'avoir lu, même si je suis encore plus contente de l'avoir fini !! J'ai quand même mis 3 semaines, ce qui doit être mon record pour un roman...
Bref, ne vous lancez pas là-dedans en croyant lire un polar lambda, vous serez déçus ! Mais si vous partez sans à priori et surtout sans être pressés, vous serez sans doute heureux de faire la connaissance d'Henry, Francis, Charles & Camilla, Bunny ou encore Richard.