Avis de museolive
Né dans les années 1970, je suis un enfant de "babyboomers" (personnes nées entre 1945 et 1955), les premiers, qui ayant commencé leurs vies pendant les Trente-glorieuses (période de faste économique entre 1944 et 1974), n'ont pas connu la faim : vivant en union libre, avec un enfant, une belle maison et deux belles voitures, j'ai été, passé un moment, interloqué par le fait que mes parents et beaux-parents considéraient comme un aboutissement que nous (ma compagne et moi) ayons de "bonnes situations", une "belle maison", de "belles voitures", et que ça, ce soit "...super rassurant!" Bon, que les voitures polluent, que l'on bouffe n'importe quoi, que l'on vive dans une démocratie sur le papier, dont chacun se fout éperdument tant qu'il y a à manger dans l'assiette et les moyens de se payer le dernier téléphone portable, le dernier écran-plasma, la dernière console-vidéo à la mode, ça pose pas de problème, tout va bien! Et admettons également que je sois dans une profonde crise existencielle ou spirituelle, qui me plonge dans une grosse dépression, pas de soucis : j'ai une grosse maison, deux belles voitures, etc.
Et j'ai lu La Société de consommation, du sociologue et philosophe Jean Baudrillard, né en 1929 et décédé en 2007, bouquin publié pour la première fois en 1970, publication suivant immédiatement les années 1960, décennie charnière du XXe siècle ; dès ce moment de ma vie, j'ai commencé à comprendre mes parents et mes beaux-parents : l'acte de consommer est simplement, selon Baudrillard, considéré comme structurant des relations sociales. En d'autres termes, on se définit socialement par ce que l'on a les moyens financiers de se payer (voitures, nourriture, immobilier et mobilier, etc.), et tout cela représente en soit une valeur. Et lorsqu'on commence par se définir à travers ce que l'on possède, peu importe ce que l'on pense, ce que l'on ressent, tant que nous sommes "matériellement intelligent" : ça, c'est moi qui le déduit de ma lecture de Baudrillard. Je veux juste rappeler que Jean Baudrillard avait analysé le phénomène Loft Story, dans les pages du journal Libération ; je ne résiste à vous taper quelques lignes d'un article daté du 7 septembre 2001 : "[...] Le vingtième siècle aura vu toutes sortes de crimes - Auschwitz, Hiroshima, génocides -, mais le seul véritable crime, c'est, selon les termes de Heidegger, "la seconde chute de l'homme, la chute dans la banalité" [...]. Il y a, dans toute cette histoire du Loft, quelque chose comme un travail de deuil collectif qui lie entre eux les criminels que nous sommes tous". Qui a dit les intellectuels ne servaient à rien : Jean, reviens vite : tu nous manques!
Et j'ai lu La Société de consommation, du sociologue et philosophe Jean Baudrillard, né en 1929 et décédé en 2007, bouquin publié pour la première fois en 1970, publication suivant immédiatement les années 1960, décennie charnière du XXe siècle ; dès ce moment de ma vie, j'ai commencé à comprendre mes parents et mes beaux-parents : l'acte de consommer est simplement, selon Baudrillard, considéré comme structurant des relations sociales. En d'autres termes, on se définit socialement par ce que l'on a les moyens financiers de se payer (voitures, nourriture, immobilier et mobilier, etc.), et tout cela représente en soit une valeur. Et lorsqu'on commence par se définir à travers ce que l'on possède, peu importe ce que l'on pense, ce que l'on ressent, tant que nous sommes "matériellement intelligent" : ça, c'est moi qui le déduit de ma lecture de Baudrillard. Je veux juste rappeler que Jean Baudrillard avait analysé le phénomène Loft Story, dans les pages du journal Libération ; je ne résiste à vous taper quelques lignes d'un article daté du 7 septembre 2001 : "[...] Le vingtième siècle aura vu toutes sortes de crimes - Auschwitz, Hiroshima, génocides -, mais le seul véritable crime, c'est, selon les termes de Heidegger, "la seconde chute de l'homme, la chute dans la banalité" [...]. Il y a, dans toute cette histoire du Loft, quelque chose comme un travail de deuil collectif qui lie entre eux les criminels que nous sommes tous". Qui a dit les intellectuels ne servaient à rien : Jean, reviens vite : tu nous manques!





