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LivreActuellement indisponible

La Vie devant soi

Parution
16/03/1982
Valeur d’échange
2 points

Résumé

Il devait penser que j'étais encore interdit aux mineurs et qu'il y avait des choses que je ne devais pas savoir. En ce moment, je devais avoir sept ans ou peut-être huit, je ne peux pas vous dire au juste parce que je n'ai pas été daté, comme vous allez voir quand on se connaîtra mieux, si vous trouvez que ça vaut la peine. Momo ne connaît pas son âge, mais il connaît le "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes" et, conformément à ce droit sacré à la dignité, Madame Rosa, ancienne prostituée reconvertie en nounou pour "enfants de putes", n'est pas obligée d'aller à l'hôpital. Il va donc tout mettre en oeuvre pour la préserver contre l'acharnement thérapeutique. Car, s'il sait que l'on peut vivre sans amour, il sait aussi reconnaître cette chose formidable quand elle se présente. Il sait que sans l'amour qu'elle lui infuse, sans l'amour qui déborde de son propre coeur, en vrac pourvu que ça sorte, la vie serait une lutte perdue d'avance pour les petits pensionnaires de la rue Bisson, à Belleville. Pour nous parler d'un monde à part où les prostituée sont "des personnes qui se défendent avec leur cul", où les enfants vendent les chiens parce qu'ils les aiment trop, où les gens ont une grandeur d'âme insoupçonnée, Momo amalgame les mots sans toujours en saisir le sens, ce qui donne lieu à des phrases souvent incorrectes, mais toujours vraies et parfois même très crues. Cette oeuvre bouleversante mais jamais larmoyante, publiée sous le nom d'Émile Ajar, a remporté le Goncourt 1975, inscrivant ainsi Romain Gary dans la légende, puisqu'il est le seul romancier à avoir décroché deux fois le prestigieux prix. --Sana Tang-Léopold Wauters

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Critiques et avis

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Avis de poussaint

J'ai du mal à comprendre l'avis précédent car on y parle d'une rentrée littéraire dominée par Romain Gary. Dans le cadre d'une réédition, pourquoi pas en effet mais j'ai dû mal à croire à un tel succès car si succès il y a eu, il date de 35 ans ! En effet, c'est en 1975 que Romain Gary reçoit le prix Goncourt pour son roman La vie devant soi. L'affaire fait d'ailleurs grand bruit puisque l'auteur a déjà reçu ce prix. La vie devant soi est donc publié avec un pseudo (Emile Ajar) pour lequel il va à nouveau recevoir le Prix Goncourt.
Au delà de cette affaire qui fit grand bruit à l'époque, il faut reconnaître à l'écrivain une réelle fraîcheur avec un style inimitable. Tout est fait pour nous apitoyé : Momo le héros de ce livre vit avec une ancienne prostituée reconverti en nourrice pour femmes qui se défendent bien (sous entendu sur le trottoir). On assiste à la déchéance de cette vieille juive, moche et de plus en plus malade et de cet amour hors du commun entre deux êtres que la vie a heurté. Et pourtant grâce à cette langue truculente de Momo, tout passe et si les larmes ne sont jamais loin, c'est souvent le rire qui l'emporte. Ainsi il n'y a pas d'apitoiement mais un sens de la répartie, des jeux de mots en boucle car Momo s'est construit un langage bien à lui où les mots d'adulte prennent dans sa bouche de nouveaux sens. Il s'agit donc d'un véritable télescopage de la langue française.
Bref si le livre date, il garde pour lui tout son modernisme.

Avis de Keikokinyuri

Ce livre, édité sous le nom d'Emile Ajar, lui vaudra un prix Goncourt en 1975. Et quelle merveille!
Une histoire vue par les yeux d'un petit garçon (et c'est surprenant comme l'écriture n'a pas vieilli d'un pouce.), au ton si drôle, au sujet si grave. Sous le verni d'un humour parfaitement maîtrisé, des problèmes sociétaux profonds sont abordés : l'abandon, le deuil, la prostitution, grandir, vieillir, mourir.
Petit chef-d'oeuvre facile à lire, ce livre se lit comme on lit un Pennac : en savourant chaque ligne, chaque pépite de dialogue. L'écriture est légère, et les chapitres se dévorent :)