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LivreActuellement indisponible

La Place

Parution
1986
Valeur d’échange
2 points

Résumé

Récit remarqué par la critique. L'ombre du père et la genèse d'un remords, celui d'une intellectuelle d'origine modeste devenue "bourgeoise". Prix Renaudot 1984.

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Critiques et avis

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Avis de poussaint

Beau roman et un parti pris réussi pour l'auteur : celui de raconter une vie, celle de son père, sans aucun effet de style, juste décrire les souvenirs au plus près. C'est aussi le désir de raconter une trahison ou du moins ce qu'elle pense être une trahison : cet écart qui se creuse entre elle et son père, écart social entre elle qui, par le savoir, accède à une nouvelle classe sociale et lui qui toute sa vie passée à trimer n'a jamais ressenti le besoin de se cultiver. malgré son souci de ne pas faire beau ni recherché, l'écrivain réussit pourtant par cette recherche de la vérité, à nous toucher au plus près. On sent, on vit cette complexité des sentiments. Belle remontée dans le temps aussi, dans ce pays de Caux, où la vie, pour les pauvres gens, fut rude et où le besoin de ne pas avoir l'air pauvre et surtout de ne pas se laisser aller, guidait une partie des gens. En écrivant donc, pour essayer d'effacer ce sentiment de faute, Annie Ernaux nous livre un très beau témoignage, à la fois sur les personnes mais aussi sur l'époque.

Avis de athopob

Un livre écrit dans un style particulier, pour un projet particulier. Annie Ernaux narre, par des phrases courtes et peu de liaisons, l'histoire de son père, paysan devenu commercant. Elle raconte sa vie mais aussi et surtout les rapport entre elle et ce père qui à toujours voulu qu'elle fasse mieux que lui, qui ne ressentait pas d'autres besoins que de vivre sa vie paisible. Ce travail, que l'on imagine complexe, est le fruit d'une réflexion personnelle, postérieure à la mort de ce patriarche. Les sentiments se mêlent et on sent parfois de la reconnaissance, souvent du dédain de la part de celle "devenue institutrice" mais surtout la honte et la peine d'avoir ces sentiments vis à vis de ses parents restés "dans le monde des petits". La question de la reconnaissance sociale, du passage et de la barrière entre deux mondes distinct restent présents avec en toile de fond, un renoncement aux origines pour être accepté dans les cercles mondains. J'ai pensé à Carrère souvent mais ai pris moins de plaisir à lire Annie Ernaux.