Dédié à Laurent de Médicis, Le Prince est une oeuvre nourrie par l'expérience d'ambassadeur de son auteur. Machiavel y définit les fins du gouvernement : sur le plan extérieur, maintenir à tout prix son emprise sur les territoires conquis ; sur le plan intérieur, se donner les moyens de rester au pouvoir. Parce que les hommes sont égoïstes, le prince n'est pas tenu d'être moral. Il doit être craint en évitant de se faire haïr par le peuple. La réduction de Machiavel au machiavélisme est cependant trop simpliste. On peut même lire Le Prince comme une des premières oeuvres de science politique, l'auteur ne cherchant qu'à décrire les mécanismes du pouvoir, à la manière du physicien qui détermine les lois de la gravitation. Rousseau ou encore Spinoza ont même pensé que Le Prince s'adressait en vérité au peuple pour l'avertir des stratégies utilisées par les tyrans. Oeuvre géniale dans son ambiguïté, Le Prince peut donc être lu soit comme un traité de gouvernement à l'usage du despote, soit comme un ouvrage de science, voire comme une critique déguisée du despotisme. --Paul Klein
Je sors de ma lecture et je l'ai trouvé fort intéressante et instructive. Le texte est rédigé dans le style d'un petit guide adressé à un Prince contenant tous les conseils avec exemples historiques à l'appui pour bien gouverner son peuple. Certes le texte est assez dur mais je m'attendais à une lecture vachement plus compliquée et au final le livre est assez prenant et se lit très vite. J'ai été nettement moins intéressé par "les correspondances" qui suivent le texte, il s'agit de différentes lettres écrites par l'auteur et adressées à quelques illustres personnages de l'époque.