Avec Moby Dick, Melville a donné naissance à un livre-culte et inscrit dans la mémoire des hommes un nouveau mythe : celui de la baleine blanche. Fort de son expérience de marin, qui a nourri ses romans précédents et lui a assuré le succès, l'écrivain américain, alors en pleine maturité, raconte la folle quête du capitaine Achab et sa dernière rencontre avec le grand cachalot. Véritable encyclopédie de la mer, nouvelle Bible aux accents prophétiques, parabole chargée de thèmes universels, Moby Dick n'en reste pas moins construit avec une savante maîtrise, maintenant un suspense lent, qui s'accélère peu à peu jusqu'à l'apocalypse finale. L'écriture de Melville, infiniment libre et audacieuse, tour à tour balancée, puis hachée au rythme des houles, des vents et des passions humaines, est d'une richesse exceptionnelle. Il faut remonter à Shakespeare pour trouver l'exemple d'une langue aussi inventive, d'une poésie aussi grandiose.
Il s'agit là d'un monument de la littérature, tant au niveau de sa renommée que de sa densité. Je m'attendais à une chasse à la baleine trépidante, un duel entre l'homme et la bête. Au final c'est une description du commerce de la baleine, du beau métier qu'est d'être baleinier (aberrant à notre époque mais remis dans le contexte, soit), de tout sauf de Moby Dick lui-même. Pour apprendre comment chasser les cétacés et en extraire leur précieuse huile lisez ce livre, pour de l'aventure, passez votre chemin, ou contentez-vous de lire les 50 dernières pages.