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Scarface

Parution
19/10/2004
Réalisation
Brian De Palma
Valeur d’échange
2 points

Résumé

En 1980, le gouvernement cubain amnistie un petit malfrat local du nom de Tony Montana (Al Pacino), qui immigre aussitôt en Floride. Son ambition n'ayant d'égale que son manque de scrupules, il entreprend de déloger les caïds de la pègre pour bâtir son propre empire et prendre la tête du marché de la drogue. Si le premier "Scarface", tourné en 1932 par Howard Hawks (écrit par Ben Hecht et interprété par Paul Muni) avait fait sensation à sa sortie, celui de Brian De Palma fut surtout considéré comme un véritable phénomène à cause de son extrême violence (bien dépassée aujourd'hui). Le trafic de la drogue y a remplacé celui de l'alcool d'hier et les gangsters modernes ont encore moins d'éthique que les anciens. Le scénario d'Oliver Stone, qui s'inspire de celui (déjà brillant) de Ben Hecht, décrit l'ascension puis la chute d'un caïd moderne, tout en dressant le portrait d'un homme vain, incapable de trouver le bonheur une fois son but atteint. Pour accentuer le pathétique de la vie de Tony "Scarface" Montana, Brian De Palma a opté pour des décors magnifiques mais glacés, à l'image de la blonde Elvira, campée par la sublime Michelle Pfeiffer.

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Critiques et avis

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Avis de zorg54

Ce "Scarface" de Brian de Palma est évidemment un film mûrement réfléchi, très bien mis en scène et qui bénéficie d'une composition éblouïssante d'Al Pacino. Par contre, malgré la dédicace à Hawks et Ben Hecht (scénariste de la première version, de Hawks, donc) le personnage me semble assez différent, ne serait-ce que par l'époque et l'origine (le Cuba de Castro en 1983 n'a sans doute plus rien rien à voir, un demi-siècle plus tard)mais après-tout, choisir de placer Scarface à l'époque où le film était tourné, pourquoi pas. Là où je suis sceptique, c'est sur les visées du cinéaste. A mon sens, il présente ce gangster de la même façon que d'autres font dans le film dénonçant la violence. Pour la dénoncer, on en montre, et celui qui la trouve fascinante ne voit que ça. Ainsi, Tony Montana peut fasciner les personnes avides de réussite financière à n'importe quel prix, bien que de Palma montre dans une scène à mon avis charnière, comment son entourage finit par le voir. Il est dans son bain moussant, dans une pièce luxueuse (mais très tape-à-l'oeil) où il regarde la télé, un verre de champagne à la main. Tous les signes de la réussite l'entourent, y compris une superbe blonde (Michelle Pfeiffer) qui n'a rien d'autre à faire de ses journées, que de se faire belle pour lui plaire. Sauf qu'elle lui balance ses quatre vérités à la figure et qu'il se montre arrogant, vulgaire, prétentieux, arriviste, etc. Si masque il y avait, là il est bel et bien tombé. Tony Montana n'est fasciné que par l'argent. Et sa façon de respecter sa famille laisse pantois. A tel point qu'après avoir détruit le bonheur de sa soeur qu'il chérit, il finit par se demander pourquoi il a fait ça. Alors oui, c'est un animal qui ne réfléchit pas. Mais, le spectateur moyen le regarde-t-il de cette façon ? Certains peuvent être fascinés par la violence, l'usage des armes, son côté "j'ai peur de rien", la réussite "facile" ,le machisme, le pied de nez au conformisme bourgeois, etc. Telle n'était certainement pas la volonté de de Palma. J'y vois donc une certaine ambiguïté regrettable.