Le narrateur, sans identité précise, vit seul, travaille seul, dort seul, mange seul ses plateaux-repas pour une personne comme beaucoup d'autres personnes seules qui connaissent la misère humaine, morale et sexuelle. C'est pourquoi il va devenir membre du Fight club, un lieu clandestin ou il va pouvoir retrouver sa virilité, l'échange et la communication. Ce club est dirigé par Tyler Durden, une sorte d'anarchiste entre gourou et philosophe qui prêche l'amour de son prochain.
Sans doute que le terme de "film culte" est ici le plus approprié pour ce genre de film (même si c'est un terme qui semble bien pompeux). Mais il est vrai que c'est quasi impossible de rester insensible devant ce film. Même en connaissant la fin, le film tient encore la route, c'est pour dire. Reste sinon la fin avec en fond musical les Pixies pour achever le chef-d'oeuvre comme il se doit. Expérience indispensable à vivre au moins une fois.
Du génial "Se7en", on ne retrouve ici que la brillante réalisation de David Fincher et le talent d'acteur de Brad Pitt. Pour le reste, "Fight Club" flirte avec Chuck Palahniuk (l'auteur du livre dont le film s'inspire), avec Houellebecq (ceux qui ont lu "Extension du domaine de la lutte" ne seront pas surpris par les commentaires décalés du personnage principal) et avec les écrivains de romans policiers pour la chute inattendue. Ce film peut déranger, mais il a au moins le mérite d'être en marge de la production et de très bien fonctionner. Moi j'aime !
Très compliqué de le noter, tant il comporte des bonnes comme de mauvaises choses. Des acteurs bons, une mise en scène très "Fincher", mais le scénario, ainsi que le message que souhaite faire passer le réalisateur sont assez obscur ... Le final, pas tant un effet de surprise car deviné au fur et à mesure du film, semble improbable. Pas un chef-d'oeuvre, pas une catastrophe non plus, mais pas le meilleur Fincher.