Ennui et déception, résument en deux mots ce que j'ai pensé de ce roman.
On annonce en 4ème de couverture qu'il s'agit d'un mélange entre downtown abbey et orgueil et préjugés, en réalité il s'agit de la vie des domestiques du livre de jane austen, et cela en reste là, on croise les personnage d'orgueil et préjugés mais cela en reste là.
Le vrai point positif est le vocabulaire et la plume de Jo Baker, pour tout le reste, j'ai trouvé ce roman fade.
A ne conseiller qu'aux fans de Jane Austen qui ont envie de lire tout ce qui se rapporte à orgueil et préjugés.
Dommage!
L'auteur n'en est pas à son premier ouvrage, mais c'est la première fois qu'elle est traduit en France avec "Une saison à Longbourn". Son idée assez originale a tout de suite éveillé ma curiosité et a suscité l'achat. Evidemment, je n'ai pu attendre et j'ai dévoré le bébé aussitôt déballé.
Le concept est le suivant : que s'est-il passé à Longbourn (domaine des Bennett où se déroule l'intrigue d'Orgueils et préjugés) pendant que Jane se languissait de Bingley et qu'Elisabeth tombait sous le charme de Darcy ? Il s'agit d'écrire la petite histoire derrière la grande histoire en lorgnant du côté des domestiques. Les domestiques peu présents dans "Orgueils et préjugés", si ce n'est à l'état de meubles évidents (on en parle que lorsque c'est nécessaire, mais ils n'en sont pas moins là sinon le décor serait vide), sont ici mis à l'honneur. Le lecteur découvre donc d'autres intrigues dans la maisonnée au tempo du roman initial.
Une lecture préalable d'orgueil est préjugés est préférable, mais pas essentielle. Il suffit d'avoir vu le film (de préférence le long téléfilm avec Colin Firth, mais nous serons nous contenter de celui avec Keira Knightley nettement moins qualitatif). Il s'agit juste de connaître les grandes lignes pour suivre un peu le mouvement et comprendre les clins d'œil. Car il ne s'agit vraiment que de clins d'œil, l'histoire appartient bien aux femmes de chambre (la jolie Sarah et la jeune Polly), au maître d'hôtel (Mr Hill) et à l'intendante (Mrs Hill) ainsi qu'au mystérieux cocher (James Smith) dont l'arrivée est le point de départ de l'histoire. Que s'est-il passé entre ces personnages ? Que va changer l'arrivée de James ? Que va changer l'arrivée des Bingley à Netherfield en plus du destin de Jane ? Jo Baker ouvre la porte à une infinité de possibilités et laisse libre court à son imagination nous invitant à porter un regard neuf sur les livres que nous lisons et leurs personnages secondaires.
Le style n'est pas celui de Jane Austen, mais bien celui de Jo Baker. Il correspond d'ailleurs bien au concept : plus simple pour raconter la vie de gens simples. L'amour est ici vécu simplement sans fioritures et prises de tête tel qu'on le perçoit dans orgueil et préjugés. Ici les sens jouent un plus grand rôle que celui de l'esprit et c'est tant mieux ! Les sentiments paraissent plus authentiques et moins surfaits. Le domestique ne s'ennuie pas à la litote et autres procédés littéraires.
Bémol toutefois ! La lecture n'est pas si idyllique. Les éléments sont réunis, mais il manque un petit quelque chose. En effet, j'ai trouvé la fin plutôt ratée, voire carrément bâclée. J'aurais attendu une autre fin, un peu plus à la Jane Austen cette fois, car franchement on ne peut pas tout à fait s'affranchir du maître. Une sorte de happy end tout à fait prévisible à laquelle le livre tendrait dans son entier. La fin se termine bien, mais pas assez à mon goût. Jo Baker avait fait trop de promesses à mon imagination. L'impression globale reste néanmoins de l'ordre de l'agréable.