"En fait, j'aurais tout aussi bien ne pas écrire. Après tout ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret: grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien : j'ai fait mon travail, voilà tout ; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif."
Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et Destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait : l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.
Excellent.
Il y a tout dans ce roman. Une documentation solide, un personnage complexe, torturé, horrible, et finalement terriblement humain.
Le prix goncourt qu'il a reçu et plus que mérité.
Un roman qui très bien documenté, un personnage principal qui dérange, surprend, envoûte et choque. On ne sort pas vraiment indemne de certains passages, d'autres font sourire, d'autres enfin vous révolteront peut-être. Un livre qui a obtenu un prix prestigieux, mais qui a aussi défrayé la chronique, de manière fort justifiée pour les deux cas. À lire, mais avec précaution.
Un véritable chef-d'oeuvre à mon goût. Extrêmement bien documenté, l'auteur arrive à nous faire trouver humain un personnage a priori exécrable. Les premières pages m'ont happée, et je n'ai pas pu lâcher ce livre en 1 semaine.
J'ai détesté et adoré : au final, c'est ce qu'un livre peut apporter de mieux : de l'émotion.
Je suis restée impressionnée par le travail de recherche, mais surtout d'écriture de l'auteur.
Ce roman, dont on connait le fin mot de l'histoire, est mené de main de maître. Je défie quiconque de ne rien ressentir en lisant ce livre ! Même si on n’est pas porté sur ce genre d'histoires de la guerre...