Lorsqu'en 1817, en villégiature au bord du lac Léman avec son mari, le poète Shelley, et leur illustre ami Byron, une jeune femme de vingt ans entreprend d'écrire ce roman, ni elle ni ses proches ne peuvent imaginer qu'il deviendra un des plus grands mythes de la littérature mondiale, auquel, un siècle après, le génie de l'acteur Boris Karloff devait donner un inoubliable visage. Mais, paradoxalement, le succès même de l'œuvre a contribué à en masquer le souvenir derrière l'arsenal souvent factice du cinéma d'épouvante.
C'est pourquoi il faut lire ou relire, sous sa forme originelle, la confession du docteur Frankenstein, et l'aventure tragique qui, commencée dans une paisible université suisse, le mènera dans les glaces de l'Arctique, où s'enfonce le monstre auquel il a donné la vie... Renouant d'instinct avec des thèmes universels - le golem, l'apprenti sorcier, et, à bien des égards, l'histoire de Faust -, anticipant des questions encore très actuelles sur la " part maudite " de la science, ce roman est aussi le drame d'une créature consciente, qui ne sait privée de l'humanité et de la grâce.
La haine qu'elle vouera à son créateur ne fait que refléter un infini désespoir.
Le livre Frankenstein est étonnant. Le côté monstrueux de la créature est relativement light par rapport à ce dont je m'attendais. Le processus de création en tant que tel est peux décrit par contre le cheminement et les intérrogations du docteur quant aux implications de sa création est absolument génial. Ce livre nous montre aussi la nécessité pour chacun d'avoir un semblable à ses côtés. En permettant à la créature d'avoir une compagne Shelley donne un semblant d'humanité au monstre. Ce livre est un formidable lieu de réflexion sur la créativité de l'être humain et ses conséquences. C'est un livre d'une grande sagesse, écrit par une très jeune femme ce qui est décuple l'attrait.
Un classique de la littérature anglaise que j'ai apprécié mais que je ne relirai pas spécialement. Je m'imaginais une lecture assez lourde et finalement c'est un livre qui se lit plutôt facilement: il est court (un peu moins de 300 pages), le vocabulaire y est assez simple pour un livre écrit à cette époque et les tournures de phrases n'ont rien de compliquées. Je me suis rendu compte qu'en fin de compte je ne connaissais pas du tout cette histoire, en dehors des grandes lignes, qui est aujourd'hui presque rentrée dans l'imaginaire collectif en tant que légende urbaine si bien que tout le monde connaît Frankenstein au moins de nom, et du coup j'ai trouvé ma lecture instructive.