Parce qu’il se sent médiocre et inexistant, un jeune homme va se suicider quand un artiste mégalomane suspend son geste. Il lui propose d’acheter son âme et son corps pour en faire une sculpture vivante, sublime ou monstrueuse, et une marchandise planétaire. Le désespéré accepte le pacte et l’opération, se laisse déshumaniser, et exposer aux yeux des foules, sous le nom d’Adam-bis. Mais peut-il abdiquer entièrement son humanité ? Grâce à l’amour d’une jeune-femme, « l’œuvre d’art » tente alors de sortir de l’emprise de son créateur et de retrouver sa conscience perdue. Cette fable excentrique, inquiétante et comique nous entraîne dans un monde rongé par le narcissisme, le culte du simulacre et de l’apparence, le totalitarisme de l’image : le nôtre.
Un roman dérangeant qui excite notre moralité : peut-on faire du corps, de surcroît du corps de l'autre, une œuvre d'art ? Jusqu'au va l'art et jusqu'où va le renoncement de soi, de sa personne, de son physique ? Peut-on commercialiser du vivant ? Tant de questions que l'on se pose en lisant (dévorant !) ce petit bout de roman. Éric-Emmanuel Schmitt soulève ici de réelles questions éthiques et esthétiques. L'art est vu sous un autre angle, nouveau, différent voire pas vu du tout (au sens propre du terme) car appréhendé par un personnage atteint de cécité. Artistiquement déroutant.