Adapté du roman de John Wainwright, "Garde à vue" est un film culte, un monument du film noir français. Soupçonné d'avoir assassiné deux fillettes, un notaire (interprété par Michel Serrault) est mis en garde à vue la nuit du jour de l'an... Claude Miller met en scène un huis clos avec brio. L'atmosphère est oppressante et la tension monte tout au long du film. Les personnages sont ciselés à la perfection : Lino Ventura est impeccable dans le rôle du commissaire perspicace ; Guy Marchand étonne dans une prestation de "salaud" de service et Michel Serrault nous fait frissonner par une interprétation tout en nuance : sa performance est de taille et lui permettra d'ailleurs de décrocher son troisième césar du meilleur acteur avec ce film. A noter que "Garde à vue" marque l'avant-dernière apparition de Romy Shneider.
La confrontation entre l'inspecteur de police intransigeant [Lino Ventura] et le suspect ambigu [Michel Serrault] fait la force de ce film réalisé par Claude Miller.
Les deux acteurs servis par les dialogues de Michel Audiard sont prodigieux.
Un film sombre, oppressant (le huis clos y contribue beaucoup) et passionnant.
"Garde à vue" est réalisé par Claude Miller et sort sur les écrans en 1981. A Cherbourg, une fillette de huit ans est retrouvée morte dans les dunes de sable. Quelques temps plus tard, un témoin est convoqué. Il s'agit de Maitre Martineau (Michel Serrault), notaire. Il est interrogé le soir du nouvel An par l'inspecteur Gallien (Lino Ventura). La personnalité trouble et intelligente de Martineau, et son attitude quelque peu provocatrice le font basculer très rapidement du rôle de témoin à celui de suspect. Au bout de quelques heures d'interrogatoire, Gallien retient Martineau en garde à vue. Lors d'une absence de Gallien, son secrétaire adjoint, Belmont (Guy Marchand), passe Martineau à tabac pour le faire avouer. De retour dans son bureau, Gallien congédie Belmont et reprend son entretien avec Martineau quand soudain, la femme de Martineau se fait annoncer...
Tout se passe dans le bureau de Gallien. Cet espace exiguë, témoin de la vie gâchée d'un homme sera l'unique théâtre de cette histoire.
La confrontation Serrault/Ventura est excellente et Guy Marchand campe une police comme on aimerait ne plus jamais en voir. Un excellent huis-clos au retournement final ingénieux.
Excellentissime, cultissime, what else ? Je suis toujours bluffée par le jeu d'acteur des 4 monstres de ce film. Ventura est tout simplement d'une justesse, d'une délicatesse et d'une force incroyable. Personne ne peut douter que Ventura EST vraiment ce flic et qu'il n'a fait que ça toute sa vie. Guy Marchand en salope infinie est parfait. Miller a su filmer juste ce qu'il fallait pour nous le rendre insupportable, mais sans en faire trop. Romy qu'on voit finalement moins, mais fragile et froide à la fois, un rôle sur mesure. Serrault enfin, dont on regrette qu'il n'y ait que lui à avoir reçu une récompense pour ce rôle, dont les répliques sont cinglantes, pathétiques, et fatalistes à souhait. Le final est juste inattendu, est c'est ce qui fait le lien, et l'intérêt du film jusqu'à la fin. Ce pourrait être une pièce de théâtre. Jusqu'à ce moment là.... Pour moi, cela reste un des meilleurs rôles de Ventura, et j'applaudis encore une fois vivement cet excellent cinéma français que nous avions à l'époque....Si vous avez lu quelques unes de mes critiques, j'avoue, que parfois, certains films comme 36 Quai des Orfèvres sont à la hauteur de cette grande époque...regrettée. Bravo Madame et Messieurs les artistes, et un grand merci à vous. Personne ne peut douter à vous voir dans Garde à Vue, que vous faites un métier difficile, précis, pointu, délicat, et très engagé.