Joe Ross, brillant scientifique, a mis au point une formule révolutionnaire qui attire bien des convoitises, suscitant en lui une paranoïa latente. Persuadé que son patron veut mettre la main sur sa découverte, il se confie à un richissime et providentiel homme d'affaires, Jimmy Dell… David Mamet, digne successeur d'Alfred Hitchcock dans la catégorie "suspense", nous livre une fois encore un film rempli de faux-semblants, de retournements de situations, de mensonges et de miroirs, un thriller psychologique au suspense haletant, qui mettra vos nerfs à l'épreuve… Emmené avec brio par Campbell Scott et Steve Martin, étonnamment juste dans un registre qui lui est peu familier, La Prisonnière espagnole est un spectacle réussi, aux chemins sinueux, une brillante démonstration des talents de Mamet et, pour peu que l'on accepte de se laisser mener par le bout du nez, un voyage oppressant vers une des plus belles arnaques jamais montées…
Machiavélique, ce scénario ! On est dans la manipulation de très haut niveau, avec une intrigue extrêmement bien ficelée. Les acteurs ne sont pas des célébrités mais ils tiennent solidement leur place, malgré une réalisation qui manque un peu de tonus. Le rythme du récit est assez lent mais correspond plutôt bien à un film de ce genre. Il faut évidemment être un fan de l'embrouille pour apprécier pleinement "La prisonnière espagnole", mais si ce n'est pas franchement le cas, on peut tout de même apprécier la complexité savamment maîtrisée de l'histoire.