Avis de hornyhorn
Amateurs de jazz-funk, voilà le groupe qui nous rassemble : John Medeski (claviers), Billy Martin (Batterie) et Chis Wood (basse), trio new-yorkais atomique. En les écoutant, j'ai faim ! Ils représentent le chainon entre les Headhunters et DJ Shadow, entre les Meters et John Zorn. L'orgue Hammond, le clavinet, le Fender Rhodes sont omniprésents. La chaleur du son de batterie est comparable à celle des disques de funk 70's. La basse est ronde comme celle de Jaco Pastorius. Et le tout est agrémenté de scratches percutants (par les DJs Olive et P Love), garantis sans samples. Comment résister? Alors, ne résistons pas. Les 14 plages de ce disque sont le fruit de longues improvisations, de recherches de riffs et d'ambiances, tour à tour enjouées ("Pappy Check") et menaçantes ("Nocturnal Transmission"). C'est spontané, donc jazz. Et c'est aussi remuant, donc funk. Essentiellement instrumentaux, ces morceaux pourraient supporter l'apparition de prêcheurs soul. Mais quel pied d'entendre le jeu de ces trois virtuoses, qui donnent un excellent aperçu de la puissance dégagée en concert, lorgnant vers le free-jazz. Signé à l'époque le label Ropeadope cet album garde encore aujourd'hui toute sa fraîcheur et j'aime les voyages qu'ils me font faire, surtout du côté de la Nouvelle Orleans. Bien sûr, MMW a cette distance qui leur donne de l'originalité, et je les compare en cela à Mardi Gras Brass Band, qui depuis l'Allemagne joue artistiquement une musique traditionnelle. Pas un mélange conceptuel, mais une création respectueuse. Et c'est ça qu'on aime, non ?





