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Habemus Papam

Parution
08/02/2012
Valeur d’échange
4 points

Critiques et avis

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Avis de manson31140

"Habemus Papam" est un film italien réalisé par Nanni Moretti qui parait sur les grands écrans en 2011.
L'ancien pape est mort. Les cardinaux se réunissent afin d'élire le nouveau représentant du Vatican. Après un vote difficile qui permet à la traditionnelle fumée de s'élever, un nom est choisi. Il s'agit du cardinal Melville (Michel Piccoli). Suite à cette nomination, le nouveau souverain pontife doit apparaître au balcon devant ses fidèles massés plus bas, mais au dernier moment, celui-ci se rétracte et décide de ne pas être vu. Les cardinaux sont ébranlés car jamais pareille chose ne s'est produite auparavant, d'autant plus que les raisons qui ont poussé le cardinal à ne pas accepter la charge ne sont pas claires du tout. Pour surmonter cette crise, l'organisation du Vatican décide de faire appel à un psychothérapeute (Nanni Moretti)...
La première demi-heure est étonnante car ils nous ait donné de suivre en direct la procédure qui consiste à élire un nouveau pape. Après cette première partie, le film s'enlise dans l'ennui. Les cardinaux sont montrés comme des débiles moyens et Michel Piccoli à beau en faire des tonnes, on ne comprend toujours pas pourquoi il refuse le poste de Pape. Le dénouement est particulièrement bien trouvé mais le film se termine sans avoir répondu aux questions essentielles.
Pas inintéressant mais sûrement pas assez complet.

Avis de Lionelle21

Habemus Papam est une fiction, qui pourrait devenir réalité. En effet, le début du film nous permet de voir comment le pape est élu. A la surprise générale, à commencer par celle du spectateur (sauf qu'il sait qu'il faut bien que Michel Piccoli entre en scène...), il s'agit donc de Piccoli, élu, très applaudi, alors que jamais son nom n'avait été donné auparavant. Cela pose question, avouez. Sur quels critères le pape est-il élu ? Fait-il un quelconque discours ? Une profession de foi ? Et là pour le coup, elle s'imposerait, non ? Une définition de projet ? Il semble que non, et je pense que Nanni Moretti n'aurait pas inventé un scénario loin de la réalité. Alors évidemment, on ne peut que rester pantois. Ainsi donc, le pape est élu sur des critères flous, probablement sur une logique de consensus qui évite ainsi les querelles de clochers, et autres questions de pouvoir. En tout cas, c'est mon interprétation de ce début de film. La suite donc : Piccoli va prendre un (long) temps de réflexion. Je rejoins l'avis de manson31140 (avec qui je suis d'ailleurs souvent en phase question avis sur ce site), pour dire que certaines longueurs auraient pu, non pas être évitées, mais a minima développées afin que le spectateur lambda (moi) comprenne bien le sens de celles-ci. Bref. Quoiqu'il en soit, Piccoli a un jeu fin entre la réserve qu'on imagine de par le rôle qu'il incarne ici, et justement l'incarnation de l'homme d'église en simple homme. J'ai trouvé assez décoiffant d'oser ainsi nous rappeler à cette simple vérité : mais oui, figurez-vous que le pape est un homme. Or j'ai personnellement compris le développement du film comme cette lutte permanente entre l'image, le rôle, l'icône presque qu'on va lui demander d'être, et sa réalité d'homme de foi. J'adore qu'on vienne nous interpeller ainsi. Car cette question de "chef spirituel" ne peut pas nous faire oublier le poids de cette énorme charge qu'un homme endosse. Il s'agit à mon avis de la victoire de l'humain sur la vanité et l'orgueil, et à ce titre, si Piccoli pape existait réellement, cela ferait sans aucun doute de lui le meilleur des papes. Mention spéciale pour les décors, costumes etc, qui rendent le tout très coloré, et suffisamment proche de ce qu'on peut imaginer du Vatican. Ensuite, je parlerai du psy, dont le rôle m'a légèrement échappé. Il pose de bonnes questions (pour les sujets qu'il peut aborder, tout donc sauf le sexe, la mère, le père etc...), et j'en ai compris moi que celui qu'on considère à tort comme étant toujours à côté de la vie, car dans des sphères tellement éloignées du commun qu'on peine à le suivre, est ici le plus simple et vivant de tous. Il ajoute une pincée de vie ordinaire, mais à part ça.... La fin du film est la seule issue possible. Il n'y en avait pas d'autre. C'est cette victoire sur l'orgueil et le rôle qu'on aimerait voir plus souvent dans l'ensemble de nos sociétés, selon moi, bien entendu.