Avis de mamydo
Quand Fernando Meirelles a décidé d’entreprendre l’adaptation au cinéma du roman éponyme (du même nom) de John le Carre, il avait une motivation personnelle. Cette motivation est le centre de gravité du récit : "Je suis brésilien et nous fabriquons des médicaments génériques depuis quelques années et, lorsqu'on essaie de fabriquer des produits bon marché, équivalents de médicaments brevetés, on prend très vite conscience de la puissance sidérante du lobby de l'industrie pharmaceutique. J'ai lu pas mal de choses là-dessus ces dernières années - sur le site internet d'Oxfam par exemple - et je me suis rendu compte qu'un film pouvait être une bonne occasion de faire bouger les choses." Donc outre un superbe roman, très bien écrit, il y a un problème de fond très lourd de conséquences que le réalisateur souhaitait dénoncer. Il poursuit : "Le fait que je pouvais m'en prendre à un pan de l'industrie pharmaceutique n'est que l'une des trois raisons qui m'ont donné envie de mettre en scène "The Constant Gardener". Il y avait aussi l'opportunité - ou plutôt la décision - de tourner au Kenya. Enfin, et surtout, il s'agit d'une histoire d'amour profondément originale : un homme épouse une femme plus jeune que lui, et ce n'est qu'après sa mort qu'il tombe vraiment amoureux d'elle et part à sa recherche. C'est une magnifique histoire, et un peu existentielle aussi." Il faut reconnaiître que tout cela participe d’un film sobre et puissant qui ne peut laisser insensible. Il nous oblige à réfléchir sur les véritables enfeux d'une société de profit et leurs désastreuses conséquences sur la vie humaine. Si Justin Quayle (Ralph Fiennes) et Tessa Quayle (Rachel Weisz) sont remarquables de justesse et de sobriété, il en est de même de toute la distribution. A cela ajoutons une bande originale superbe. Un excellent moment de cinéma.




