Il faut le reconnaître : c'est lent, esthétisant, avec d'interminables travelling pour suivre les personnages dans les couloirs du lycée. Mais malgré ces défauts et son côté hyper-intello, "Elephant" fonctionne bien et le tuerie finale glace vraiment le sang par son absurdité que le réalisateur Gus Van Sant se garde bien d'expliquer. J'ai aimé ce film. Il est certain que d'autres détesteront ce vide dérangeant. A vous de vous faire votre propre opinion !
Elephant a reçu la Palme d'Or pour une raison. Il n'est comme aucun film que vous avez vu jusqu'ici. Et ce qui fait principalement sa singularité est sa cinématographie, autrement dit la manière dont il est filmé. La plupart du temps la caméra suit un élève de derrière,; du terrain de foot jusqu'à la vie scolaire en passant par les vestiaires (les cinéphiles apprécieront la prouesse technique). Bien sur certains couloir sont vides et de fait, la narration aussi, mais ce choix esthétique permet un effet réaliste fort. Les trois quarts du film, qui ne sont que des scènes de la vie quotidienne, pourrait paraître banal si l'on ne savait pas vers quelle violente tragédie se dirige ce lycée en apparence tranquille.
Gus van Sant donne un regard neutre sur la tuerie de Columbine mais, d'une certaine manière, un regard très mélancolique et poétique.
Le film vous laisse ressentir ce que vous voulez ressentir, et n'impose aucune opinion. C'est en ça, que Gus van Sant réalise ici un chef d'oeuvre.