Journaliste de télévision, Borat Sagdijev vit dans un village du Kazakhstan, pays présenté comme une contrée arriérée où le viol, l'inceste et l'antisémitisme sont assimilés à des coutumes locales et où les voitures ne fonctionnent que tirées par des chevaux. Mais voilà que son gouvernement l'envoie aux Etats-Unis avec son producteur et ami Azamat Bagatov pour y tourner un reportage sur le mode de vie de cette grande nation à prendre comme modèle...
Attention, acteur déjanté ! En se faisant passer pour un journaliste du Kazakhstan maîtrisant mal la langue et les usages des États-Unis, Sacha Baron Cohen ose tout... et même plus ! On n'en revient pas de le voir si culotté, et parfois, on est encore plus abasourdi par les réactions des Américains ordinaires qui croisent sa route. On rit devant les bien-pensants que Borat fait devenir chèvre. On frémit devant les racistes et les vrais cons qui dépassent la caricature incarnée par l'acteur. Les blagues sont souvent pipi-caca, mais l'humour subversif est réjouissant et on est pris de fou rire régulièrement durant la projection (la scène de la poursuite dans l'hôtel, notamment est totalement irrésistible et fait pleurer de rire). Ce n'est pas seulement un film balourd : c'est à voir !
Faire arriver un étranger dans un pays afin d'apporter un regard neuf et faire passer une critique souvent subversive est un procédé très répandu et souvent efficace. Après tout, les philosophes des Lumières l'avaient fait, notamment Montesquieu avec ses Lettres persanes. C'est un peu dans cette optique là que j'ai voulu regarder ce film. Je n'ai même pas réussi à aller jusqu'au bout, car ce qui m'a gêné, ça a été le ton. J'ai trouvé ce film particulièrement vulgaire, avec un humour qui, personnellement, ne m'a pas du tout touché. Quelques passages versant plutôt dans l'absurde n'ont pas manqué de me faire sourire (l'histoire de l'ours est parfaitement incongrue), mais généralement, c'est juste un panel de vulgarités sur un ou deux thèmes qui apparaissent. Peut-être est-ce parce que je ne suis pas allé au bout du film, mais j'ai trouvé du coup que la critique de la société américaine en pâtissait. On mettait bien plus l'accent sur les péripéties des personnages plutôt que sur leur décalage avec la société occidentale. Le film a pourtant eu du succès et je pense finalement que c'est parce qu'il a un humour très spécial qui plaira aux uns, mais répugnera les autres. À vous de voir dans quelle partie vous vous rangez, de mon côté, c'est clairement la deuxième. Dommage, cela me paraissait au départ potentiellement drôle et intéressant...