Avis de laraclamour
Shane Meadows, déjà connu pour son film, A room for Romeo brass (1999), recherche avec This is England à recréer l’atmosphère des années 80 (tant par le générique qui nous plonge dans l’époque thatchérienne que par la couleur des images) à travers un groupe de Skinhead. Ces personnages sont définis par leur style vestimentaire (jeans retroussés, Doc Marten’s montantes, bretelles, crâne rasé…) et leur musique influencée par la Northen Soul (on note ici l’importance donnée à la bande originale).
Dans un premier temps, nous faisons la connaissance de Shaune, un jeune anglais de 12 ans dont le père est mort durant la guerre des Malouines et qui a beaucoup de mal à se faire une place dans la société. Ce personnage, merveilleusement bien représenté par Thomas Turgoose, qui ne se contente pas d’interpréter Shaune, mais devient Shaune, est le reflet d’une Angleterre profonde qui souffre face aux réformes d’une Margaret Thatcher cynique.
Nous le voyons, peu à peu, intégrer un groupe de Skinhead, qui d’un côté ignore tous les interdits (drogues, alcools…) mais de l’autre est terriblement attachant de par leur jeux d’enfants (partie de chasse costumée, journée à la piscine…).
Or Shane Meadows ne se contente pas ici de nous montrer uniquement le côté « gentillé » des skinheads, il pousse sa description jusqu’à leur choix politique extrême, représenté par le personnage de Combo, leader des Skinhead, aux tendances antisémites et racistes, qui va enrôler Shaune dans le parti d’extrême droite, the National Front). L’accent est mis sur la manipulation de ces jeunes Anglais afin qu’ils intègrent le parti politique d’extrême droite. Ainsi, Shaune rejoint Combo afin que son père soit fier de lui.
Cette lutte est étroitement liée aux problèmes sociaux que connaît l’Angleterre à cette époque (les Skinheads,le plus souvent issu des classes sociales les plus défavorisées, sont en situation de marginalisation), d’où leur haine et leur violence envers l’immigré et surtout les Pakistanais (Paki Bashing) qui possèdent tout ce qu’eux n’ont pas.
L’apogée de cette violence sera atteinte lorsque Combo, rejeté de toutes parts, va tabasser à mort, Milky, un skinhead d’origine Jamaïcaine. La scène est d’autant plus violente, que le réalisateur choisit de mettre le spectateur dans la peau de la victime (c’est nous qui succombons sous les coups) et en soulignant la rage de Combo (plan serré sur lui).
Tout au long du film, le réalisateur réussit subtilement à passer du personnage de Shaune à celui de Combo sans que le spectateur ne s’en aperçoive. Tous deux formant au final un seul personnage, l’un symbolisant l’enfance, l’autre l’âge adulte.
Pour conclure, pas d’issu pour ces personnages, l’un retourne à sa solitude, l’autre s’enferme dans sa violence. Tous deux rejetant une Angleterre qui ne veut pas d’eux.
Shane Meadows signe ici, un magnifique film aux accents « Ken Loachien », et nous montre que l’Angleterre, c’est aussi ça !
Dans un premier temps, nous faisons la connaissance de Shaune, un jeune anglais de 12 ans dont le père est mort durant la guerre des Malouines et qui a beaucoup de mal à se faire une place dans la société. Ce personnage, merveilleusement bien représenté par Thomas Turgoose, qui ne se contente pas d’interpréter Shaune, mais devient Shaune, est le reflet d’une Angleterre profonde qui souffre face aux réformes d’une Margaret Thatcher cynique.
Nous le voyons, peu à peu, intégrer un groupe de Skinhead, qui d’un côté ignore tous les interdits (drogues, alcools…) mais de l’autre est terriblement attachant de par leur jeux d’enfants (partie de chasse costumée, journée à la piscine…).
Or Shane Meadows ne se contente pas ici de nous montrer uniquement le côté « gentillé » des skinheads, il pousse sa description jusqu’à leur choix politique extrême, représenté par le personnage de Combo, leader des Skinhead, aux tendances antisémites et racistes, qui va enrôler Shaune dans le parti d’extrême droite, the National Front). L’accent est mis sur la manipulation de ces jeunes Anglais afin qu’ils intègrent le parti politique d’extrême droite. Ainsi, Shaune rejoint Combo afin que son père soit fier de lui.
Cette lutte est étroitement liée aux problèmes sociaux que connaît l’Angleterre à cette époque (les Skinheads,le plus souvent issu des classes sociales les plus défavorisées, sont en situation de marginalisation), d’où leur haine et leur violence envers l’immigré et surtout les Pakistanais (Paki Bashing) qui possèdent tout ce qu’eux n’ont pas.
L’apogée de cette violence sera atteinte lorsque Combo, rejeté de toutes parts, va tabasser à mort, Milky, un skinhead d’origine Jamaïcaine. La scène est d’autant plus violente, que le réalisateur choisit de mettre le spectateur dans la peau de la victime (c’est nous qui succombons sous les coups) et en soulignant la rage de Combo (plan serré sur lui).
Tout au long du film, le réalisateur réussit subtilement à passer du personnage de Shaune à celui de Combo sans que le spectateur ne s’en aperçoive. Tous deux formant au final un seul personnage, l’un symbolisant l’enfance, l’autre l’âge adulte.
Pour conclure, pas d’issu pour ces personnages, l’un retourne à sa solitude, l’autre s’enferme dans sa violence. Tous deux rejetant une Angleterre qui ne veut pas d’eux.
Shane Meadows signe ici, un magnifique film aux accents « Ken Loachien », et nous montre que l’Angleterre, c’est aussi ça !

celinep