Avis de Hellboy
Après le fameux « album rouge » de 1995 très intimiste sur lequel nous avions découvert un Joe Satriani plutôt « soft » mais toutefois inspiré, le célèbre shredder revient avec un nouveau look, un nouveau son et un album, CRYSTAL PLANET, plus brut de décoffrage et très « rentre-dedans ». Le premier morceau de l’album, « Up in the sky » annonce la couleur d’entrée jeu avec une intro fracassante à la guitare (des suites rapides d’harmoniques), appuyée par les fûts qui résonnent avec puissance sous les coups du batteur Jeff Campitelli, le tout maintenu grâce à une ligne de basse bien lourde du bassiste Stuart Hamm. Joe Satriani lésine sur les effets de son mais pas sur l’incroyable énergie qui se dégage du morceau dans lequel les passages mélodiques croisent les envolées sauvages du maître de la 6 cordes. Le second titre, « House Full of Bullets », est clairement « groovy », avec un riff ultra basique mais ultra efficace. On repart sur les chapeaux de roue avec « Crystal Planet », l’un des meilleurs titres du disque. Encore une fois, beaucoup de fougue dans le jeu de Satriani qui conserve cette alchimie mélodique dont il a le secret avec des phrasés très inspirés. « Love Thing » est la ballade mélodique de l’album. Pas vraiment transcendante mais pas désagréable. Dans le reste des titres, on retiendra surtout « Lights of Heaven », l’étonnante « Raspberry Jam Delta-V » et son intro en tapping de toute beauté, « Ceremony », « A Train of Angels » et l’étrange « Time ». L’album s’achève sur un court morceau où Joe Satriani nous offre en solo une petite mélodie à la guitare plutôt sympa (et très calme par rapport au reste de l’album !). CRYSTAL PLANET marque un tournant dans la carrière de Satriani comme un retour aux sources, marqué par des sonorités très « brutes » (les distorsions sont plutôt « sales », proche par moment du grunge) et une véritable décharge de titres puissants, presque taillés pour la scène.





