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Tout est fatal

paru le01/04/2005de Stephen Kingtraduction William-Olivier Desmond

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Résumé

En octobre 1999 sortit chez Albin Michel, et depuis en format poche, un ouvrage remarquable, 999, le livre du millénaire des maîtres du fantastique, anthologie de vingt-neuf nouvelles écrites par les grands maîtres actuels du fantastique contemporain. De ce recueil où l'on ne trouvait pourtant que du bon, sinon du très bon, l'on se souvient surtout d'un texte. Une nouvelle au thème archi-classique – une histoire de tableau hanté –, mais d'une efficacité proprement redoutable. De qui était ce texte qui survolait tous ceux des meilleurs auteurs ? De King, évidemment. De King que l'on finira bien par reconnaître pour ce qu'il est si on le débarrasse des oripeaux (ou des ornements ?) obligatoires de la littérature de genre : à savoir, un formidable écrivain descripteur de la vie des gens simples, des communautés humaines, des détails anodins de la vie quotidienne américaine. Toutes proportions gardées, il y a du Balzac chez King – et si King vous décrit un vide-grenier à Ploucland ou une chambre de motel crasseux, vous êtes persuadés que King passe sa vie à faire les brocantes et à arpenter l'hôtellerie de troisième zone. Le texte en question s'intitule "Quand l'auto-virus met le cap au nord" et il est présent dans Tout est fatal, ce nouveau recueil de nouvelles entièrement écrit par l'ogre (dans le sens de boulimique d'histoires) du Maine.
C'est donc l'occasion de lire, ou relire cette nouvelle simplissime et bluffante, et de se demander pour la énième fois comment il fait pour pouvoir toujours transcender les poncifs du genre... ou des genres, car Tout est fatal joue sur diverses tonalités : fantastique, polar, dark fantasy, roman noir, horreur, suspense... Bien sûr il y a toujours ce fond horrifique propre à King, et même un inédit relié à l'univers culte de La Tour sombre.
Bref, comment fait-il, lui qui prétend avoir du mal à écrire des nouvelles ? Comment fait-il pour nous donner cette impression terrible de familiarité, gage de la plausibilité de ses histoires invraisemblables ? Ce n'est pourtant pas faute qu'il nous l'explique, au point que sa voix est devenue comme familière. Que ce soit dans ses mémoires, Écriture ou dans tout recueil entre chaque texte, il revendique clairement l'usage des thèmes rebattus ; il expose comment lui vient à chaque fois "l'idée", sinon chez qui il l'a "piquée" , allant jusqu'à évaluer lui-même son résultat, se jugeant sévèrement. Au détour de ses explications, de ses confidences (une peur de ses enfants ; la mort de sa mère ; un périple à moto ; une réflexion sous la douche), King lâche de belles choses, comme celle-ci dans l'introduction de la nouvelle éponyme (laquelle n'est pas sans rappeler une des historiettes horrifiques et courtes du Fantômes et Farfafouilles de Fredric Brown ) : "Les histoires sont des artefacts : non pas des choses créées, des choses que nous fabriquons (et dont nous revendiquons la paternité), mais des objets préexistants que nous allons dénicher." Bref, ce serait simple. Tout existe et King n'aurait qu'à se servir, mais voilà : il a avoué un jour à un journaliste qu'il estimait être efficace parce qu'il continuait à avoir encore et toujours besoin de vérifier avant de s'endormir que ne se trouve aucun monstre sous son lit. Aussi, de fait, la proximité presque candide des rapports qu'il entretient avec le lecteur participe de son "efficacité" – si elle n'en est pas la marque de fabrique.
Inutile, donc, de passer en revue ici le "contenu" des nouvelles : vous avez déjà lu ce qui s'y trouve. Il y a rarement des idées neuves chez King. Il le dit lui-même. Revenants, autres dimensions, diable en goguette, crimes abominables, pouvoirs maléfiques, auberges hantées, etc. Sauf que King s'accapare chaque thème de façon quasi définitive. Le jeu consiste alors à se demander, une fois tout recueil de King refermé, de quelle nouvelle on se souviendra encore dans plusieurs années (l'auteur de ces lignes se souvient comme si c'était hier de "Desintox Inc" du recueil "Danse macabre" paru... en 1982 et non pas en 1989 comme indiqué dans le livre). De Tout est fatal, laquelle vous marquera ? Celle du collectionneur de graffitis ("Tout ce que vous aimez sera emporté") ? Celle du diable et du pécheur ("L'Homme au costume noir") ? Celle du livreur de pizzas aux pouvoirs diaboliques ("Tout est fatal")? Celle de la chambre d'hôtel hantée ("1408"). Ou alors mémoriserez-vous à jamais le fameux "Un tour sur le Bolid", texte qui déchaîna les médias lorsque King prétendit le vendre sous forme d'e-livre ? À vous de lire. King a dans sa palette une frousse qui correspond à chacun. Et c'est de la bonne. --Francis Mizio

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Critiques et avis

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Critique de mikomiDès qu'on le tient, on ne le quitte plus... c'est l'impression que je donne de ce gros (plus de 800 pages !) recueil de nouvelles.Les thèmes de chaque histoire sont variés, le sentiment d'angoisse inscrit dans chacune d'elles (et si ça nous arrivait à nous ?).Parce que justement, chaque histoire se passe lors d'une situation habituelle, que nous lecteurs on pourrait vivre. Aux amateurs de bonnes histoires qui filent la chair de poule, je dis "ne refermez pas ce livre trop vite..."

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