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Physiologie de Georges Palente : Pour un nietzschéisme de gauche

Parution
28/09/2005
Valeur d’échange
2 points

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Critiques et avis

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Avis de Nibelheim

J'ai lu il y a peu le livre de Onfray : Physiologie de georges Palante. Palante en lui-même semble assez moyen, mais je comprends bien pourquoi Onfray l'a choisi : il n’illustre comme personne la théorie selon laquelle toute pensée procède d'un corps : Palante, difforme, souffrant, rejeté, fait de nécessité vertu, comme le Renard avec les raisins. La société le rejette ? Il théorise les Antinomies de l'individu et de la Société... Son corps souffrant et difficile le pousse au pessimisme : il fait du pessimisme une nécessité de l'individualisme... Il échoue à percer dans le milieu intellectuel ? Il le stigmatise... en même temps qu'il prépare une thèse en Sorbonne... qui sera refusée ! Du coup, il écrit un article dans lequel il affirme avoir fait exprès d'écrire une thèse irrecevable pour tester le seuil de tolérance de ces adversaires de toujours : les sociologues durkheimiens sorbonicoles et, par une extraordinaire pirouette, tire satisfaction du refus radical de sa thèse : il aurait prouvé que les sociologues se complaisent dans un dogmatisme intolérant ! On voit dans cet individu se déployer une incroyable volonté inconsciente d'échouer et de se détruire ! Par exemple, pour revenir à sa thèse, il choisit comme directeurs des gens qui défendent des idées totalement opposées aux siennes, pires encore : des gens dont il a démonté hargneusement les théories dans un de ces précédents ouvrages ! En bref, ce livre est à la fois une étude de ce que cette souffrance a généré philosophiquement, et une étude de cas d'un individu souffrant, ne s'aimant pas, et qui tout en faisant de nécessité vertu de manière à changer illusoirement ses déterminismes en choix libres, met tout en oeuvre pour s'anéantir. Bref, un cas de choix pour qui, comme Onfray après Nietzsche, voit dans le corps la généalogie de la pensée !

Sans compter, bien sûr, que ce livre est l'occasion de faire revivre l'ambiance intellectuelle des premiers "nietzschéens de gauche" qu'Onfray ne cesse d'appeler de ses voeux.