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La symphonie pastorale

Parution
27/01/1972
Valeur d’échange
2 points

Résumé

Lorsque paraît La Symphonie pastorale en 1919, André Gide a cinquante ans. Son refus des conventions morales et spirituelles dans Les Nourritures terrestres (1895) et Les Caves du Vatican (1914) le met à l'index de la société bien pensante de l'époque. Ce court «roman», dédié à Jean Schlumberger (co-fondateur avec Copeau et lui-même de la Nouvelle Revue Française), est pourtant une référence continuelle à l'Évangile : renouant avec ses ascendances protestantes, Gide y dépeint, dans le plus pur style classique, les inquiétudes («inquiéter, tel est mon rôle») d'un Pasteur face à la tendresse d'une Gertrude, une jeune aveugle qu'il a prise sous sa protection. Jean Delannoy en fait un film en 1946, avec Pierre Blanchar et Michèle Morgan dans les rôles principaux.

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Avis de museolive

Lorsque l’on sort de la lecture de « La Symphonie Pastorale », écrit en 1919 par un Gide déjà au sommet de sa gloire, on ne sait qu’en penser : Gide a une fois de plus réussi son coup, post-mortem, car ce livre est déconcertant. Cela se passe au XIXe siècle, dans la campagne Suisse aux alentours de Neuchâtel, vu à travers les yeux d’un pasteur de campagne. L’ambiance pieuse et monotone est rompue le jour où une jeune fille, Gertrude, arrive chez ce pasteur, qui l’héberge (contre le désaccord de sa femme). Face au dénuement total de cette jeune infirme, matériel et intellectuel, cet homme décide de lui faire découvrir le monde, bien qu’elle ne voit pas et qu’elle n’ait aucun vocabulaire. Tâche à laquelle il se livre entièrement, plein de cette phrase tirée de l’Évangile : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez point de péché » : à travers la perception du monde du pasteur, la jeune fille acquiert une intelligence fine et une imagination puissante. Cet apprentissage lui apparaît comme une chance inestimable, donc une mission en quelque sorte divine, d’apprendre à quelqu’un déjà pur, à percevoir le monde non pas par les sens, et particulièrement la vue, mais plutôt à travers le cœur. Le côté mystique d’André Gide, à mi-chemin entre une éducation très pieuse et son reniement le plus iconoclaste, survient encore dans ce livre court, qui ne s’embarrasse pas de détails, à la syntaxe limpide. La puissante sensualité qu’il a mise en œuvre au long de son travail et de sa vie l’amène à opposer l’amour charnel, qui sera longuement exposée dans certains de ses autres livres, et l’amour fraternel qui lie ce pasteur et cette jeune fille sensuellement coupée du monde. Le livre se lit vite, finit aussi vite qu’il a commencé, et laisse libre cours à l’imagination et à l’appréciation de chacun, mais en tout cas charge l’âme de chacun d’une tonne d’interrogations : pas conseillé à quelqu’un qui vit de certitudes…

Avis de asterbleue

Ce petit livre d'André Gide m'a intéressé, je ne pouvais plus quitter ces pages sans savoir la fin, ce pasteur qui sauve une fillette aveugle. Petit à petit un amour naît et ce pasteur ne s'aperçoit pas que cet amour n'est pas normal entre un pasteur marié et une jeune fille. Tous les questionnements sont posés, et la vie va donnée la réponse. J'ai pensé au film de Truffaut sur l'enfant trouvé dans les bois, pour le début, puis après j'avais en tête le regard clair de Michèle Morgan... une interprète de cette Gertrude.