Maîtriser les connaissances et les outils nécessaires à l'étude d'une œuvre intégrale, voilà l'objectif de cette collection. L'élève doit avoir une vision synthétique de l'œuvre : connaître sa genèse et sa structure, appréhender les personnages à travers leur portrait, leur rôle et leur dimension symbolique, retenir les différents thèmes évoqués. Par ailleurs, l'ouvrage procure des informations d'ordre paratextuel qui enrichissent la culture du lecteur : détails sur la vie de l'auteur et le contexte dans lequel il s'inscrit, remarques sur son style, sur ses écrits théoriques, jugements de critiques contemporains. Enfin, le souci des auteurs est de montrer à l'élève comment ces informations peuvent être utilisées efficacement dans les exercices du bac : des études d'extraits et des sujets d'entretien sont proposés à titre d'exemples. L'intérêt de cette collection est donc de baliser chaque œuvre de sorte que l'élève dispose des éléments indispensables pour réussir l'écrit comme l'oral. L'étude n'est pas exhaustive mais elle a le mérite d'être claire et structurée. --Claire Mazurel
Un classique!
Ce livre est très souvent donné au programme du collège.
Ne pas si fier aux apparences, ce n'est pas parce que c'est un classique que c'est un livre ennuyeux!
Au contraire ce livre est très émouvant, très touchant! C'est un plaidoyer contre la peine de mort. A mon gout, l'un des plus beaux livres de victor hugo.
Pas trop long, ce livre est trop vite lu...
Le dernier jour d'un condamné est un texte intéressant pour aborder le premier Hugo. Par premier Hugo, j'entends celui d'avant l'exil. En lisant le Dernier jour, on peut découvrir d'une part le Hugo écrivain, romancier, mais aussi l'homme engagé dans son époque : le pamphlétaire luttant activement pour l'abolition de la peine de mort. Rappelons qu'il fut un des premiers de son siècle à militer sur ce sujet. Avant lui ? Cesare Beccaria, auteur d'un traité juridique, et quelques écrivains, notamment Charles Nodier.
D'une certaine manière, il me semble que ce roman constitue la première œuvre romanesque d'importance de Hugo. Non pas une importance quantitative bien sûr, mais qualitativement parlant. Je dirai même qu"il l'est bien davantage que Notre-Dame de Paris. Aussi, Le dernier jour nous révèle à la fois le meilleur et le pire de Hugo. À ce point de mon développement, je tiens à réaffirmer la subjectivité revendiquée de mon propos.
Le meilleur, donc : l'écrivain engagé dans son temps, luttant pour les idées qu'il croit justes, le pamphlétaire de talent aussi - ce qui ressort clairement de la préface de 1832 que le Livre de Poche a eu l'intelligence d'intégrer, contrairement à d'autres (cf mon avis sur l'édition Librio). Toujours parmi le meilleur : le styliste, maniant efficacement son récit, et filant les métaphores avec une aisance presque baroque.
Le pire : le Hugo idéaliste, persuadé lutter contre la peine de mort en écrivant un roman, et pis encore, en l'écrivant comme le compte-rendu minutieux d'une sorte d'idée platonicienne du condamné à mort. Ce que j'entends par là ? Un prisonnier dont on ne sait rien (on ne connait que peu son histoire, on ignore son crime), qui à force d'incarner supposément tous les condamnés à mort, finit par ne plus en incarner... Charles Nodier (à moins que ce soit Nisard ?) et Stendhal ne s'y sont pas trompés qui reprochait au condamné de Hugo d'être froid et sans vie. D'autant qu'en mettant en scène un prisonnier dont on ne sait rien et qui rédige le "journal" de ses angoisses à la première personne, l'auteur incite le lecteur une identification forte avec le personnage. Volontairement, bien sûr. Le but ? Que chacun se dise en lisant : ce pourrait être moi qui écris ces lignes, qui vis ces angoisses. Le problème reste celui de l'efficacité d'un tel procédé. Certes, on peut dire que Hugo invente presque ce que, plus tard, à la fin du XIXe, on appellera le "monologue intérieur", mais en nous forçant à vivre les angoisses de son idée platonicienne du Condamné, Hugo nous prend en quelque sorte en otage : en résulte un sentiment de malaise à la lecture de l'ouvrage, qui fait que, le plus souvent, loin de souhaiter l'abolition de la peine de mort (effet souhaité), on n'a que l'envie de fermer le livre et de ne plus y revenir (effet réel).
Ce que j'ai aimé, au final, ce n'est pas tellement le roman en lui-même, mais tout le paratexte, préface de 1832 en premier lieu, mais aussi les autres oeuvres intelligemment proposées en complément par Guy Rosa : Claude Gueux, récit à ambition analogue, mais écrit à la troisième personne et basé sur une affaire réelle ; ainsi que l'affaire Tapner, affaire bien réelle là encore d'un condamné qu'Hugo tenta en vain de faire gracier. Il n'en reste pas moins que ce roman est, à mon sens, une porte d'entrée possible dans l'oeuvre romanesque d'un auteur que l'on présente peut-être plus grand qu'il n'était, mais qui n'en reste pas moins un écrivain talentueux. Texte fondamental aussi, d'un point de vue non pas littéraire, mais hitorico-sociologique dont on ne peut pas faire l'économie si l'on veut comprendre l'évolution et la diffusion des idées abolitionnistes en France.