Cela fait des générations que les enfants de deux villages voisins, ceux de Longueverne et de Velrans, se font la guerre. Une histoire de tradition sans doute, pour une guerre qui, bien qu'enfantine, n'en reste pas moins d'un grand sérieux. Moins sanglante que celle des adultes bien sûr, mais tout aussi dangereuse pour l'amour-propre de ceux qui, prisonniers, se retrouvent à la merci de leurs ennemis ! En effet, le butin de guerre des deux armées est constitué des boutons et lacets, attributs indispensables sans lesquels les malheureux tombés aux mains de l'ennemi se voient obligés de s'enfuir tout nus, et même parfois copieusement fessés ! De batailles perdues en revanches, cette guerre épique et truculente rythme la vie des enfants de ces deux villages, menée par des personnages hauts en couleur comme Lebrac, Petit Gibus, Grand Gibus, La Crique ou Camus. On ne peut s'empêcher de rire à certaines des ruses inventées par ces jeunes stratèges mais aussi de s'apitoyer sur le sort des pauvres victimes. Certaines des expressions sont crues comme l'a voulu l'auteur et comme il le précise : J'ai voulu faire un livre sain, qui fût à la fois gaulois, épique et rabelaisien ; un livre où coulât la sève, la vie, l'enthousiasme... Aussi n'ai-je point craint l'expression crue, à condition qu'elle fût savoureuse, ni le geste leste, pourvu qu'il fût épique. Un classique de la littérature pour enfants pour tous ceux qui ne craindront pas de s'écarter d'une certaine pudeur verbale. --Xavier Marciniak
Entre les Velrans et les Longeverne, une rivalité existe depuis plusieurs générations. Régulièrement après l’école les deux bandes de gamins se retrouvent pour se mettre des roustes. Et c’est à celui qui récoltera le plus de boutons dérobés sur les prisonniers du camp adverse. Contrairement à ce que nous pouvons penser, ce roman s’adresse à un public adulte en raison de son langage fleuri. Le récit des batailles est souvent alimenté de répliques cultes. Le charme de ce livre réside dans le ton humoristique insufflé par l’auteur.
Remis au goût du jour par la réalisation de deux films très récemment (qui ne valent pas le tout premier de 1961 du réalisateur Yves Robert et récompensé par le prix Jean Vigo), ce roman (qui a fêté ses 100 ans l’année dernière) n’a pas pris une ride. Malheureusement de nos jours, peu de romanciers ose cette liberté de ton et c’est fort regrettable.
J'ai voulu lire ce livre culte de l'enfance à l'âge adulte. Il est facile à lire mais je le recommande pour des enfants. L'histoire est gentillette et évoque la vie d'antan. Les deux équipes adverses nous rappellent les années d'école et les rivalités loin de la modernité : internet, réseaux sociaux, tablettes. Pour les enfants des nouvelles générations c'est une bonne narration des jeux, des cours, des punitions et de la vie de tous les jours de leurs grands-parents ou même arrières grands-parents. Pour les adultes cela nous ramène dans les années où nous étions sur les bancs de l'école.