En 1948, après quinze ans d'exil, Bertolt Brecht revient à Berlin où le régime communiste compte sur lui pour édifier un théâtre " prolétarien et socialiste ", vitrine culturelle du régime. Le dramaturge fait la rencontre d'une actrice, Maria Eich, qui devient sa maîtresse. Il ne sait pas encore que la jeune femme va, jour après jour, noter ses faits et gestes, lire son courrier, rapporter fidèlement ce qu'elle voit et entend aux agents de la Stasi, la police politique. Car, au-delà des honneurs officiels, certains se méfient de l'écrivain qui a passé tant d'années chez les capitalistes américains... Commence alors, dans les coulisses du Berliner Ensemble, un jeu de rôles où, face aux ombres et lumières d'un Brecht à la personnalité complexe, se détache la figure de Maria, instrument docile et pathétique aux mains de l'appareil totalitaire. Le prix Goncourt 2003, prix Goncourt du centenaire, a couronné ce roman, peinture saisissante d'un Berlin qui se relève péniblement de ses ruines, méditation sur la vérité de l'art aux prises avec les mensonges politiques.
Le grand dramaturge Brecht rentre en Allemagne de l'Est en 1948 après son exil aux États-Unis. Malgré son grand âge, il est surveillé par le régime. Maria Eich, une de ses actrices doit devenir sa maitresse, rien de plus simple de séduire un homme qui aime les femmes. Les relations qui se tissent entre Maria, l'agent de renseignement qui s'occupe de l'affaire, Brecht, la femme de Brecht sont très intéressantes. Le climat de cette période trouble de l'histoire où tout le monde suspecte tout le monde est très bien retranscrit grâce au style efficace de l'auteur. L'évolution de l'histoire est bien menée mais cependant traine un peu en longueur. Enfin il y a en toile de fond, une réflexion sur le rôle de l'art dans ces dictatures et le rôle que l'art doit avoir dans une société. Les relations entre l'Allemagne de l'Est et Moscou sont également intéressantes vu de l'intérieur mais ce n'est pas le récit le plus pertinent sur le sujet.