Résumé
Quitte à choquer, Rez ne peut pas vraiment être considéré comme un jeu à proprement parler ! En effet, à mi-chemin entre jeu musical, jeu de tir, et trip hallucinogène, cette production hors norme balaie toutes les conventions. C'est bien sûr Tetsuya Mizuguchi, créateur entre autres du délirant Space Channel Five qui orchestre ici ce voyage technoïde dédié à Kandinsky ! Une bien étonnante référence de prime abord, mais qui trouvera tout son sens une fois plongé dans l'univers de Rez. Dans un monde arborant une esthétique proche de celle du film Tron, vous planez au sein d'enchevêtrements de formes géométriques, de décors en fils de fer, le tout souligné par une avalanche de couleurs plus ou moins flashy. Pourtant, malgré son habillage avant-gardiste, le principe de jeu reste néanmoins fort simple. Incarnant un singulier personnage polymorphe, il vous faudra détruire, grâce à un laser, tous les ennemis peuplant cette bien étrange matrice. Toutefois la subtilité du titre provient des sons émis par vos tirs. En effet chaque salve produit un effet sonore différent en fonction du nombre d'ennemis détruits simultanément. Sur fond de musique techno, vos impacts ajoutent autant d'accords, martelés à l'envi
et en fonction de votre dextérité. Doté d'une esthétique aussi originale, que potentiellement déroutante, Rez s'adresse réellement à un public averti. Certains lui reprocheront sa durée de vie limitée et son caractère répétitif. Les autres comprendront la démarche des créateurs. L'univers est euphorisant, sollicitant en permanence vos sens. La musique se doit d'être malaxée, déstructurée. Au Japon, certains joueurs n'hésitent pas à parler d'uvre d'art. Une seule certitude : dans le noir, avec un casque vissé sur les oreilles, Rez vous convie à un inoubliable voyage new age ! --Nobuo