Critiques et avis

de
bigdelCe film est très bien fait, plusieurs protagonistes, une nuit, une ville. En retraçant la soirée de chaque personnage, on se rend compte que leur destin est étroitement lié, et qu'il se passe un évènement dans la vie de chacun d'entre à 11h14 précise.
Un film étrange, un peu déganté, mais très accrocheur et dont on garde un bon souvenir.
Je pense que certains aimeront, d'autres pas...moi j'ai aimé!

de
husky63PRESENTATION
Deux accidents se produisent à 23 h 14, semble-t-il sans aucun lien l’un et l’autre. En réalité, cela cache un secret plus lourd. Plusieurs personnes se croisent et affrontent une série d’événements durant cette nuit qui les marqueront tous à jamais.
Voici un film découpé en plusieurs parties, où chaque partie se déroule au même instant. Un même sous différents angles, avec différents protagonistes, un exercice de style qui aurait pu rapidement tomber de haut. Après un premier visionnage, quel en est le verdict ?
LA CRITIQUE
Le réalisateur, dont c'est le premier long métrage semble-t-il, a effectué un travail généreux, tant sur le plan technique que visuel. Alliant ses connaissances à celles de toute son équipe, il a su porter à l’image un concept qui n’était pas de tout repos. N’importe qui aurait pu rapidement sombrer dans le n’importe quoi, tant il était différence de rester fidèle au script original sans commettre des erreurs.
D’autres réalisateurs qui se seraient tentés à cet exercice auraient très bien pu pondre un film bordélique sans queue ni tête. Greg Marcks en a non seulement écrit le scénario, mais s’est occupé de la réalisation avec un talent certain. Autant dire qu’il faudra suivre de très ses futures créations.
La photographie est impeccable du début à la fin, ce qui n'était pas forcément mince à faire : le film se déroule entièrement en pleine nuit. Avec un mauvais éclairage, cela aurait été catastrophique. On aurait en effet pu s'attendre au pire, mais tout y est parfaitement clair, fluide et les nuances de couleurs sont même très sympathiques.
Les scènes qui se suivent sont ornées par diverses teintes et un grain à l'image bienvenu, lui offrant par la même occasion une sensation de polar des années 80 qui n’est pas sans me déplaire.
Avec un travail aussi minutieux, cela prouve à quel point Greg Marcks s’est impliqué dans son projet.
Le concept du film tient d'une grande originalité, notamment en ce qui concerne le montage qui n’a pas dû être mince à faire. On peut remercier les monteurs qui se attelés avec lourde responsabilité et grande efficacité. Un tel concept aurait pu fortement dérailler, car la moindre erreur aurait en effet débouché sur une incohérence impardonnable mettant en péril la crédibilité du métrage tout entier.
La mission est réussie ! chaque détail, mince soit-il, est parfaitement orchestré et amène à un nouveau dénouement. À ce titre, le scénario est brillant, les dialogues justes, servis par des comédiens tous connus et suffisamment convaincants. Même Patrick Swayze, dont la popularité n'équivaut pas à son jeu souvent bien pauvre, parvient à creuser son rôle à sa juste valeur et finit par étonner tant il n’est pas habitué à donner autant de sa personne, et ce, malgré qu’il ne fait que de courtes apparitions par-ci par-là.
Tous les personnages sont charismatiques, et tous sont déplaisants. En effet, pas de gentil tout mignon, chaque humain dévoile une part d’ombre trop souvent essuyée au cinéma (les gentils d’un côté, les méchants d’un autre, ça va cinq minutes).
L'histoire se déroule entre 23 h et 23 h 30 environ, temps durant lequel nous reviendrons en arrière à plusieurs reprises pour suivre les péripéties de plusieurs personnages ou groupes de personnages au départ sans aucun lien qui ont tous lieu au même instant. Des histoires parallèles qui forment un seul et même puzzle. Sans aucun lien, j’ai dit… d’apparence uniquement. Petit à petit, tout s’emboîte, on remet les morceaux en place et on finit par comprendre.
À mesure que le métrage avance, on recompose le puzzle et on y voit de plus en plus clair. C’est d’ailleurs avec une certaine facilité qu’on y parvient, alors que tout nous semblait si ambigu au début.
Par exemple, un premier groupe de personnages va effectuer une action à 23 h 10 que nous revoyons d'un angle différent la scène suivante avec un autre groupe de persos. Si bien que nous suivons avec beaucoup d'intérêt le moindre petit événement, jusqu'au final qui boucle la boucle, nous permettant d'achever le puzzle que forme ce film, où tout est en fait lié.
Alors, c’est justement le genre de petit film qu’on ne regarde ni pour passer le temps ni parce qu’on veut se détendre un moment sur son canapé. Un spectateur non averti qui se lève en plein milieu pour se servir un café risquerait fortement de ne plus rien comprendre à son retour. Revenir ensuite dans l’histoire risquerait d’être une sacrée paire de manches. Oui, ça fait réfléchir, mais pas trop. Juste ce qu’il faut, mais autant ne pas chercher à se vider la tête à se moment là, au risque d’être dépassé.
Un vrai exercice de style, trop rare, qui nous apprend que c'est là du vrai cinéma. Du suspense incessant, des situations cocasses et jouissives, accompagnées très légèrement de trash (visage déchiqueté, séquence amoureuse dans un cimetière, pénis torturé...).
Un intelligent mélange des genres, un montage audacieux qui nous manquait depuis Memento et Pulp Fiction, une réalisation de qualité, un film qui tient en haleine du début à la fin grâce à une succession d’événements qui s'enchaînent à la vitesse du feu : l'action, subtile et sans outrance, démarre dans les 30 premières secondes du film pour ne s'achever qu'à l'apparition du générique de fin, de quoi tout juste nous laisser le temps de respirer.
Un second visionnage est presque recommandé d'ailleurs pour repérer les minis détails qui auraient échappé à certains.
Un film complexe dans sa forme, mais pas dans son fond, qu'on n'a absolument aucun mal à suivre. À déconseiller toutefois aux irréfléchis qui ne cherchent qu'à se divertir sans se poser de questions, vous choperez rapidement la migraine. Les autres, foncez tête baissée.
10/10
Ce n’est pas encore un chef d’œuvre. Alors pourquoi 10 sur 10 ? Parce qu'il n'y a aucun défaut, qu'on aime ou non.