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Condamné à mort, Meursault. Sur une plage algérienne, il a tué un Arabe. À cause du soleil, dira-t-il, parce qu'il faisait chaud. On n'en tirera rien d'autre. Rien ne le fera plus réagir : ni l'annonce de sa condamnation, ni la mort de sa mère, ni les paroles du prêtre avant la fin. Comme si, sur cette plage, il avait soudain eu la révélation de l'universelle équivalence du tout et du rien. La conscience de n'être sur la terre qu'en sursis, d'une mort qui, quoi qu'il arrive, arrivera, sans espoir de salut. Et comment être autre chose qu'indifférent à tout après ça ? Étranger sur la terre, étranger à lui-même, Meursault le bien nommé pose les questions qui deviendront un leitmotiv dans l'oeuvre de Camus. De La Peste à La Chute, mais aussi dans ses pièces et dans ses essais, celui qui allait devenir Prix Nobel de littérature en 1957 ne cessera de s'interroger sur le sens de l'existence. Sa mort violente en 1960 contribua quelque peu à rendre mythique ce maître à penser de toute une génération. --Karla Manuele
Fiche technique
185 pages Dimensions (cm) : 1 x 18 x 11
Critiques et avis
de johweb Ce livre m'a dérangé par sa vérité. L'ambiance y est glauque et tellement réelle. Le personnage principal semble porter un regard froid et étranger au monde qui l'entoure, mais qui va pourtant le condamner à mort. Tout n'est que stéréotypes (vis-à-vis du personnage) et son cynisme envers la vie ne peut qu'être conforté...
Un chef d'oeuvre de la littérature française à lire et relire, à différents âges de la vie. de museolive Paru en 1942, Albert Camus a inclu ce roman dans une trilogie, également composée d'un essai -Le Mythe de Sysiphe- et d'une pièce de théâtre -Caligula-, et qui est connu sous le nom de "cycle de l'absurde", fondement de la philosophie camusienne. Meursault, le personnage principal, est un personnage non conformiste, étranger aux normes sociales (d'où le titre du livre). Ce non-conformisme le plonge même dans une solitude, Meursault se trouvant seul face au monde et même à lui-même. Mais il s'accommode très bien de cette solitude, ayant accepté que l'existence n'avait finalement pas de sens, que celui que l'on veut bien lui donner : ainsi, les faits sont relatés, un peu comme dans un journal intime, de façon extrêmement froide, dépouillée, sans analyse, même lorsqu'il s'agit du meurtre de l'homme arabe, et même lorsqu'il s'agit de sa condamnation à mort pour ce meurtre. Les idées de Camus s'imposent d'un seul coup, et font écho à d'autres oeuvres de l'écrivain, notamment "L'homme révolté" : la vie humaine est absurde, et la seule façon de se confronter à cette absurdité est la révolte. Il compare fièrement cette condamnation au suicide, car le suicidé renonce, alors que le condamné résiste et se révolte : « je tire ainsi de l'absurde trois conséquences qui sont ma révolte, ma liberté et ma passion », écrit-il dans "Le Mythe de Sysiphe". Camus dira à propos de "L'étranger", lors d'une interview ultérieure : « Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu'il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société ou il vit, il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c'est pourquoi des lecteurs ont été tentés de le considérer comme une épave. Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est simple : il refuse de mentir. [...] ...On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant dans "L'Étranger" l'histoire d'un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. Meursault pour moi n'est donc pas une épave, mais un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d'ombres. [...] » Une vraie claque littéraire à mettre entre toutes les mains !